À l’approche de son tout premier congrès ordinaire, fixé au samedi 6 juin 2026, le Parti des Patriotes Africains du Sénégal pour le Travail, l’Éthique et la Fraternité (PASTEF) voit son secrétaire général, Ousmane Sonko, publier une tribune détaillée. Ce texte, véritable feuille de route, retrace le parcours du mouvement politique et définit les grandes ambitions de ce rendez-vous crucial.
Dans cette publication, l’ancien Premier ministre adopte une double posture. D’une part, celle du fondateur, rappelant les origines modestes du parti, créé en 2014 « sans moyens financiers » ni « relais d’influence ». D’autre part, il se positionne en stratège, soulevant la question fondamentale de l’après-victoire. Ousmane Sonko souligne que « l’histoire enseigne que les ruptures politiques peuvent être absorbées lorsqu’elles ne se dotent ni d’une doctrine claire, ni d’une organisation solide, ni d’une stratégie de long terme ».
La tribune de Sonko dessine un arc narratif qui s’étend des mobilisations populaires intenses vécues au Sénégal entre 2021 et 2024, qu’il qualifie de « l’une des périodes les plus intenses de l’histoire récente » du pays. Cet élan doit aboutir au congrès de juin 2026, un événement qu’il envisage comme la transition « d’un mouvement de rupture à un parti pleinement organisé ». Les délégués, issus des sections nationales et de la diaspora, seront invités à valider une charte idéologique, un document d’orientation stratégique, des thèses structurantes sur le parti et une résolution générale.
La souveraineté, fil conducteur de ce texte, est définie par Ousmane Sonko non comme un simple slogan, mais comme une « méthode de gouvernement » englobant des domaines essentiels : la gestion des ressources naturelles, les choix budgétaires, la politique agricole, le système éducatif et la position du Sénégal sur la scène mondiale. Il y ajoute une dimension culturelle forte, prônant la valorisation des langues nationales, la réappropriation de l’histoire, la maîtrise des technologies, et une ambition panafricaine. L’objectif est d’articuler la souveraineté nationale à une intégration économique et scientifique à l’échelle du continent, affirmant ainsi une véritable voix panafricaine pour les peuples africains.
Publiée dans un contexte marqué par des tensions au sein de l’exécutif sénégalais et sa propre mise à l’écart du gouvernement, cette tribune africaine d’Ousmane Sonko est un signal clair : le fondateur du PASTEF entend bien influencer l’orientation idéologique du parti, quelles que soient les évolutions institutionnelles.
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