3 juin 2026

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Ousmane Sonko prône le dialogue pour éviter une crise politique au Sénégal

Ousmane Sonko prône le dialogue pour éviter une crise politique au Sénégal

Ousmane Sonko lors d'une prise de parole publique

Alors que le Sénégal traverse une période politique délicate, Ousmane Sonko, figure majeure du paysage politique sénégalais, exhorte à un dialogue constructif pour préserver la stabilité du pays. Son appel intervient après son éviction du poste de Premier ministre, un événement qui a ravivé les tensions au sein de l’exécutif.

Le leader du mouvement Pastef, Ousmane Sonko, limogé de ses fonctions de Premier ministre, a réaffirmé son soutien à l’équipe gouvernementale actuelle tout en insistant sur l’urgence d’un échange politique apaisé. Selon lui, cette démarche est indispensable pour éviter que le Sénégal ne sombre dans une nouvelle crise, rappelant que « un pays, c’est sérieux » et que la formation d’un gouvernement ne s’improvise pas.

Une cohabitation politique sous tension

Les relations entre le président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, autrefois alliés, se sont fortement dégradées depuis plusieurs semaines. Les divergences portaient notamment sur la gestion de la dette publique sénégalaise, un sujet qui a cristallisé leurs désaccords. Lors d’une conférence de presse tenue à Dakar, Sonko a révélé que le chef de l’État lui avait reproché « un certain nombre de positions prises récemment, qui posaient problème ».

Le président Faye a finalement formé un nouveau gouvernement de 30 membres le lundi suivant, mais son parti, bien que majoritaire à l’Assemblée nationale, n’y est pas représenté. Une situation inédite qui a suscité de vives critiques de la part de Sonko.

Des critiques acerbes envers la gouvernance actuelle

Ousmane Sonko n’a pas mâché ses mots pour dénoncer la méthode de formation du gouvernement. Il a estimé que « on ne forme pas un gouvernement à la légère » et que l’actuelle équipe manquait cruellement de légitimité politique. Selon lui, le président Faye, qui ne dispose d’aucun député à l’Assemblée nationale, se trouve dans une situation de cohabitation forcée.

Le leader du Pastef, dont le parti détient 130 des 165 sièges à l’Assemblée, a mis en garde : « Si Pastef le veut, en 72 heures, ce gouvernement peut tomber. Mais nous ne le censurerons pas. Nous allons l’accompagner. » Une position qui illustre à la fois sa fermeté et sa volonté d’éviter une escalade conflictuelle.

Un appel à la raison pour préserver l’avenir du Sénégal

Face aux risques de crise politique, Ousmane Sonko a multiplié les mises en garde. Il a souligné que « si on entre dans une crise de dissolution ou de censure, personne ne viendra investir au Sénégal ». Son message est clair : le pays doit privilégier l’intérêt général et éviter les divisions stériles.

Il a également pointé du doigt des provocations visant ses partisans, appelant la jeunesse sénégalaise au calme. Une référence aux violences qui ont émaillé les manifestations entre 2021 et 2024, sous l’ancien régime, et qui avaient fait de nombreuses victimes parmi les jeunes.

Sonko a conclu en réaffirmant son attachement à un dialogue intelligent et constructif, indispensable pour « ne pas replonger le Sénégal dans ce qu’il a connu par le passé ». Une exhortation à la responsabilité collective pour bâtir un avenir apaisé.