Ousmane Sonko dénonce le retour des vieilles méthodes au Sénégal

Lors d’un meeting à Dahra Djolof, Ousmane Sonko a tiré à boulets rouges sur ce qu’il considère comme une trahison des engagements pris par le nouveau pouvoir. Le président de l’Assemblée nationale a révélé, devant une foule de militants en liesse, les déceptions accumulées depuis l’avènement de l’alternance.
Une promesse trahie : la transparence sacrifiée
Le 24 août dernier, à Dahra Djolof, Ousmane Sonko a livré un discours sans concession. Selon lui, le système politique sénégalais serait en train de se reconstituer sous une forme déguisée, reproduisant les errements du passé. « Ce n’est pas une question de personnes, mais d’éthique et de respect des engagements », a-t-il martelé, évoquant les principes fondamentaux portés par son mouvement : transparence, reddition des comptes et bonne gouvernance.
L’ancien militant de Pastef a dressé un constat amer : « Nous voulions rompre avec les pratiques d’hier, mais force est de constater que le même système s’est réorganisé au Palais pour nous trahir. » Un retour en arrière qu’il juge inacceptable, alors que des milliers de Sénégalais avaient placé leur espoir dans le changement.
Les institutions détournées au mépris du peuple
Ousmane Sonko a pointé du doigt une stratégie inquiétante : la création d’un parti politique sans assise électorale, mais doté du contrôle des institutions. « En démocratie, le seul souverain, c’est le peuple, pas les institutions », a-t-il rappelé avec force. Pour lui, cette situation révèle une volonté de compenser l’absence de légitimité populaire par un pouvoir institutionnel renforcé.
Une mainmise sur la justice
Le leader de l’opposition a également alerté sur les manœuvres visant à instrumentaliser les plus hautes juridictions. Selon ses déclarations, la Cour suprême et le Conseil constitutionnel seraient la cible de pressions pour servir des intérêts partisans. « Six ans après l’alternance promise, nous assistons à une réorganisation du système qui menace l’indépendance de la justice », a-t-il dénoncé.
Ces accusations, portées devant des milliers de sympathisants, marquent un tournant dans les tensions politiques au Sénégal. Ousmane Sonko entend poursuivre son combat pour une Afrique souveraine, refusant de voir les espoirs populaires sacrifiés sur l’autel des compromissions.
Plus d'histoires
Assemblée nationale : une session extraordinaire sous haute tension politique au Sénégal
Laurent Gbagbo restructure le PPA-CI pour une direction plus collégiale
Géométrie politique au Sénégal : quand les alliances deviennent mouvantes