17 juillet 2026

Voix Panafricaine

La tribune francophone des peuples africains : actualités, analyses et débats pour une Afrique souveraine.

Ouagadougou : l’union africaine exhorte le Burkina Faso à rétablir la démocratie

L’Union africaine exige un retour rapide à la légalité constitutionnelle au Burkina Faso

L’Union africaine a pressé, ce jeudi, les dirigeants du Burkina Faso d’accélérer le processus de transition en organisant des élections et en levant les restrictions imposées à l’opposition politique. Dans le même temps, elle a réaffirmé sa disponibilité à poursuivre le dialogue avec la junte de Ouagadougou et à soutenir les autorités locales dans leur combat contre la menace terroriste qui frappe le pays.

Lors de son déplacement dans la capitale burkinabè, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, s’est entretenu avec le Premier ministre, Jean Emmanuel Ouédraogo, ainsi qu’avec le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré. Aucun entretien n’a cependant été organisé avec le président de la transition, le capitaine Ibrahim Traoré, malgré la volonté de l’organisation de maintenir un contact constructif avec les nouvelles autorités.

Un dialogue maintenu malgré la suspension du Burkina Faso

À l’issue des discussions, Mahmoud Ali Youssouf a souligné que, malgré la suspension du Burkina Faso des instances politiques de l’Union africaine après le coup d’État, l’organisation reste engagée en faveur d’un échange permanent avec les responsables de la transition. Il a également rappelé l’appui indéfectible de l’institution à la lutte antiterroriste menée par le pays et à la mise en œuvre des projets de développement en cours.

Le haut responsable africain a cependant rappelé que le processus de transition doit impérativement aboutir à la réouverture de l’espace politique, à la restauration du multipartisme et à la tenue d’élections transparentes permettant un retour à l’ordre constitutionnel.

Un appel à la coopération régionale renforcée

Mahmoud Ali Youssouf a également plaidé pour un renforcement des liens entre le Burkina Faso et la CEDEAO, dont le pays s’est retiré en janvier 2025, en même temps que le Mali et le Niger, avant de créer la Confédération des États du Sahel (AES). Il a insisté sur la nécessité d’une collaboration accrue entre les structures régionales pour faire face aux défis sécuritaires et politiques partagés.

Dans un communiqué officiel, l’Union africaine a réaffirmé son soutien à la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité territoriale du Burkina Faso. Elle a également indiqué que le Premier ministre burkinabè avait confirmé l’engagement de son gouvernement à poursuivre les réformes institutionnelles proposées par l’organisation panafricaine et à renforcer l’autonomie financière de l’institution.

Cette visite s’inscrivait dans le cadre d’une tournée diplomatique du président de la Commission de l’Union africaine en Afrique de l’Ouest, marquée par un passage préalable au Mali pour échanger avec les autorités de transition.