4 juin 2026

Voix Panafricaine

La tribune francophone des peuples africains : actualités, analyses et débats pour une Afrique souveraine.

Niger : un militant de la société civile emprisonné pour ses prises de position contre la junte

Nassirou Bodo a été écroué à la maison d’arrêt de Niamey après sa présentation devant le parquet, confirmant ainsi son incarcération dans le cadre d’une procédure judiciaire engagée après une garde à vue prolongée.

Kaka Touda, porte-parole d’un collectif d’associations locales, a relayé cette information sur les réseaux sociaux sans préciser les charges exactes pesant sur M. Bodo, dont l’arrestation fait suite à une interpellation policière.

Selon les informations rapportées par un titre de presse indépendant, l’activiste est poursuivi pour « diffusion de données susceptibles de perturber l’ordre public », une qualification souvent utilisée dans les affaires liées à l’expression critique envers les institutions.

Quelques jours plus tôt, Nassirou Bodo avait appelé les citoyens nigériens à organiser des mouvements de contestation contre « les exactions de l’État envers les populations, notamment les déplacements forcés et les violences systémiques », en évoquant une mobilisation d’une durée d’un an, renouvelable à compter du 1er juin.

Parmi les exemples cités figuraient « l’insécurité grandissante dans plusieurs zones du pays » ainsi que « les expulsions arbitraires de résidents près de l’aéroport de Niamey », où une attaque terroriste attribuée à l’État islamique au Sahel (EIS) avait eu lieu fin janvier.

Les autorités justifient ces démolitions par la nécessité de « neutraliser les risques sécuritaires liés à la menace terroriste », une rhétorique fréquemment mobilisée pour légitimer des mesures controversées.

Le contexte nigérien reste marqué par une escalade des violences attribuées à des groupes armés affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, exacerbant les tensions internes.

Un climat répressif s’installe depuis le changement de pouvoir

Depuis le renversement des institutions démocratiques en juillet 2023, plusieurs professionnels des médias et militants ont été privés de liberté, certains écopant de condamnations pour des motifs tels que la diffamation, la mise en danger de la sécurité nationale ou la contestation de l’autorité publique.

Les chiffres communiqués par des observateurs internationaux indiquent que treize journalistes ont été incarcérés en 2025, dont trois ont recouvré la liberté début mai après plusieurs mois de détention, tandis que cinq autres croupissent toujours en prison, selon des associations locales de défense de la liberté de la presse.

Moussa Tchangari, une personnalité influente de la société civile et figure de l’opposition à la junte militaire, est incarcéré depuis décembre 2024 sous les chefs d’« apologie du terrorisme et atteinte à la sûreté de l’État », des accusations qu’il conteste vivement.