Exportation de l’or vers Dubaï : la Centrafrique face à son dilemme économique
Alors que le Cameroun affiche des pertes colossales sur cinq ans après ses exportations d’or vers Dubaï, la question se pose : qu’en est-il pour la République centrafricaine (RCA) ? Entre gestion opaque des ressources naturelles et exploitation minière controversée, le pays doit-il continuer à sacrifier son patrimoine public au profit de fortunes privées ?
Des milliards partis en fumée : le Cameroun sonne l’alarme
Les chiffres sont accablants. Entre 2019 et 2024, le Cameroun aurait perdu des centaines de millions de dollars en exportant son or vers les Émirats arabes unis. Une manne financière qui, au lieu de financer les infrastructures ou les services publics, semble avoir enrichi quelques intermédiaires peu scrupuleux. Mais cette problématique dépasse les frontières camerounaises et interroge le modèle économique de toute la sous-région.
La RCA, riche en ressources minières mais minée par l’instabilité politique, n’échappe pas à cette logique. Si le Cameroun subit des pertes colossales, quelles sont les retombées réelles pour Bangui ? Les révélations sur les circuits opaques de l’or devraient alerter les autorités sur la nécessité de réformer un secteur où les bénéfices ne profitent pas à l’État.
Un patrimoine public ou une chasse gardée privée ?
La question est cruciale : qui détient réellement la richesse des sous-sols centrafricains ? Dans un pays où les institutions peinent à se renforcer, l’exploitation minière devient souvent le terrain de jeux de groupes étrangers ou de potentats locaux. Ces acteurs, souvent protégés par des réseaux d’influence, n’hésitent pas à contourner les règles pour maximiser leurs profits.
La RCA possède des gisements d’or parmi les plus prometteurs d’Afrique centrale. Pourtant, les recettes fiscales issues de cette exploitation restent dérisoires. Les contrats miniers, négociés dans l’ombre, profitent-ils vraiment aux Centrafricains ? Rien n’est moins sûr. Les populations locales, elles, ne voient que les dégâts environnementaux et l’insécurité qui accompagnent ces activités.
Vers une gestion transparente des ressources naturelles ?
Face à ce constat, une prise de conscience s’impose. Plusieurs pistes pourraient permettre à la RCA de mieux tirer profit de son or :
- Renforcer les contrôles sur les exportations et les flux financiers liés à l’or, afin d’éviter les détournements et les pertes de revenus pour l’État.
- Réviser les contrats miniers pour garantir une meilleure redistribution des bénéfices aux populations et aux infrastructures locales.
- Lutter contre la corruption en instaurant des mécanismes de transparence dans l’attribution des permis d’exploitation.
- Développer une filière locale de transformation de l’or, afin de créer de la valeur ajoutée et des emplois sur place.
La RCA a les moyens de ses ambitions. Mais pour cela, il faudra briser le cycle des pratiques opaques qui profitent à une minorité au détriment de l’intérêt général.
Un modèle à repenser pour l’avenir économique du pays
L’exemple camerounais rappelle que les ressources naturelles, si elles ne sont pas gérées avec rigueur, peuvent devenir un fardeau plutôt qu’une chance. La RCA doit-elle continuer à suivre ce modèle ? Ou peut-elle, enfin, écrire une autre histoire ?
Une chose est sûre : sans une gouvernance transparente et une volonté politique forte, l’or de la RCA continuera de s’échapper vers des horizons lointains, laissant derrière lui des populations toujours plus pauvres et un État toujours plus affaibli.
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