4 juin 2026

Voix Panafricaine

La tribune francophone des peuples africains : actualités, analyses et débats pour une Afrique souveraine.

L’expansion du jnim vers le golfe de Guinée : entre stratégie et incertitudes

Depuis son apparition en 2017, le Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), branche d’Al-Qaïda dans la région, s’est imposé comme une force incontournable au sein du Sahel central. En s’enracinant dans de vastes zones du Mali, du Niger et du Burkina Faso, le groupe a instauré une forme de gouvernance parallèle qui défie directement l’autorité des États souverains.

Une nouvelle dynamique vers le sud du Sahel

L’actualité Afrique francophone souligne un tournant majeur amorcé dès 2019 : la volonté du groupe de s’étendre vers les pays du littoral. Cette progression vers le golfe de Guinée se manifeste par des incursions de plus en plus fréquentes au Bénin, au Togo et en Côte d’Ivoire. Toutefois, cette trajectoire n’est pas uniforme. Si la situation sécuritaire s’est brutalement dégradée au Bénin en 2025, d’autres pays comme le Ghana semblent pour l’instant préservés. De même, après une série d’attaques entre 2020 et 2022, la Côte d’Ivoire connaît une période de calme relatif sans revendication officielle du mouvement.

Le dilemme de la croissance territoriale

Au cœur de cette tribune africaine, l’analyse porte sur les contradictions internes du JNIM. L’expansion géographique ne fait pas toujours l’unanimité au sein du commandement. D’un côté, rester statique risque de laisser le champ libre à des factions concurrentes et de démotiver les combattants. De l’autre, une avancée trop rapide pourrait épuiser les ressources logistiques et provoquer une fragmentation du groupe. C’est ce paradoxe que les experts tentent de décrypter pour mieux comprendre l’avenir de la stabilité régionale.

Enjeux géopolitiques et sécurité collective

Dans un contexte marqué par l’émergence de l’Alliance des États du Sahel (AES) et sa prise de distance avec la CEDEAO, la compréhension des rouages internes du jihadisme armé devient cruciale. Pour les peuples africains aspirant à une Afrique souveraine, la lutte contre l’insécurité exige des politiques basées sur une connaissance fine des logiques de terrain.

Détails de la rencontre scientifique

Une session d’analyse approfondie est prévue le 24 février 2026, de 18h00 à 19h30, à la salle K011 (1 pl. Saint-Thomas-d’Aquin, Paris). Cet événement est coordonné par le groupe de recherche Afrique : citoyenneté, violence et politique ainsi que l’Africa Programme.

Intervenants et spécialistes :

  • Jean-Hervé Jézéquel : Directeur du projet Sahel pour International Crisis Group et docteur de l’EHESS, il apporte son expertise sur les crises sécuritaires sahéliennes.
  • Marte Beldé : Chercheuse à Sciences Po Bordeaux, ses travaux portent sur l’économie politique et l’ancrage spatial des mouvements armés en Afrique de l’Ouest.
  • Beatriz de León Cobo : Doctorante à la Sorbonne Université (GEMASS), elle étudie les processus de radicalisation et collabore avec le RUSI à Londres.
  • Modération assurée par Dan Sanaren (CERI–Sciences Po / CNRS).

Cette réflexion s’inscrit dans une démarche de panafricanisme intellectuel, visant à offrir une voix panafricaine sur les défis contemporains du continent.