24 juillet 2026

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Les États-Unis pourraient-ils frapper le JNIM au Mali ?

Les États-Unis pourraient-ils frapper le JNIM au Mali ?

Bamako — L’administration américaine étudie sérieusement la possibilité d’une intervention militaire ciblée contre le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, dans le ciel malien. Si aucune décision n’a encore été actée, les débats font déjà rage à Washington comme à Bamako.

Avion militaire américain en vol

Le JNIM, reconnu comme la principale menace jihadiste du Sahel, étend désormais son emprise bien au-delà des frontières maliennes. Pour les États-Unis, cette expansion justifierait une riposte militaire directe, malgré l’absence d’annonce officielle. Les responsables américains soulignent que la stabilité de toute l’Afrique de l’Ouest pourrait être en jeu.

Pourtant, le partenariat sécuritaire entre le Mali et la Russie, basé sur la présence de mercenaires, n’a pas suffi à endiguer la progression des groupes armés. Le Pentagone reste discret sur l’avancée de ces discussions, refusant pour l’instant de confirmer toute planification d’opération.

Les Maliens face à l’hypothèse d’une intervention américaine

Sur le terrain, les avis sont partagés. Certains habitants de Bamako voient dans une possible intervention américaine une solution pour rétablir la paix sur l’ensemble du territoire, « de Kayes jusqu’à Kidal », comme l’exprime un citoyen. « Tout ce qui peut nous apporter la paix est le bienvenu, qu’il s’agisse des États-Unis ou d’autres partenaires », confie-t-il.

Débat sur l'intervention militaire américaine au Mali

D’autres, plus prudents, rappellent que la souveraineté malienne doit primer. « Nous avons déjà les forces russes sur notre sol, et maintenant les Américains veulent intervenir. Tout cela relève de la diplomatie », explique un autre interlocuteur. « Ce sont les autorités qui savent ce qui est bon pour le pays », ajoute-t-il.

Pourtant, cet avis n’est pas unanime. Certains estiment que l’option d’une intervention militaire américaine n’est « pas une mauvaise idée » pour sécuriser le pays.

Un contexte sécuritaire toujours plus dégradé

Depuis des années, le Mali subit une détérioration constante de sa situation sécuritaire. Malgré le retrait des forces françaises et l’arrivée de groupes russes, les attaques du JNIM se multiplient, atteignant désormais la capitale. Les organisations de défense des droits humains dénoncent par ailleurs les exactions attribuées à l’armée malienne et à ses alliés, aggravant la crise humanitaire.

Abdoulaye Diop, ministre malien des Affaires étrangères, a récemment évoqué cette question lors d’une rencontre préparatoire au salon de la défense et de la sécurité de Bamako. Il a insisté sur la nécessité d’évaluer précisément la position des États-Unis avant toute prise de décision, tout en réaffirmant la souveraineté du pays.

Un tournant géopolitique pour le Sahel

Pour Abdoulmoumouni Abbas, expert en prévention de l’extrémisme violent au Sahel et au Lac Tchad, une intervention américaine marquerait un tournant géopolitique majeur dans une région où la Russie a considérablement renforcé son influence ces dernières années.

« Cet engagement américain pourrait élargir leurs capacités opérationnelles, leur offrant une vision globale des enjeux sécuritaires du Sahel et des activités criminelles transnationales », analyse-t-il. Cependant, il met en garde : « Les résultats des frappes américaines au Nigeria, notamment dans les États de Sokoto et Kebbi, soulèvent des questions. Les premières opérations ont manqué leurs cibles, ce qui interroge sur l’efficacité de telles interventions. »

Reste que, selon plusieurs observateurs, Washington a déjà intensifié sa coopération en matière de renseignement avec Bamako ces derniers mois, laissant présager une possible escalade militaire.