Depuis le 4 juillet 2026, la Côte d’Ivoire vit un moment historique pour le taekwondo africain. Le président du Kukkiwon, Grand Maître Yun Ung Suk, accompagné du secrétaire général Lee Song Hon et du Grand Maître Kim Young Tae, supervise une mission sans précédent : régulariser les grades internationaux de centaines de pratiquants ivoiriens et installer Abidjan comme hub régional pour seize pays d’Afrique de l’Ouest.
Plus de 700 maîtres ivoiriens évalués en six jours
Du 9 au 14 juillet, 712 maîtres ivoiriens ont passé leurs examens de régularisation sous l’œil des délégués du Kukkiwon, selon Africa24Sport. Parmi eux, 15 candidats pour le 7ème dan – le grade le plus élevé de cette session – et 120 pour le 6ème dan. Ces certifications, en attente depuis plusieurs années, sont désormais reconnues dans plus de 200 pays.
Le Kukkiwon, basé à Séoul, est l’autorité mondiale pour les grades de taekwondo. Sans son tampon, un dan reste local. Pour les pratiquants ivoiriens, cette régularisation ouvre la porte aux compétitions internationales, aux stages à l’étranger et à une crédibilité technique reconnue partout.
Abidjan désignée porte d’entrée africaine
La mission ne se limite pas aux examens. La Côte d’Ivoire a été officiellement désignée comme la porte d’entrée du Kukkiwon en Afrique, selon Challenge. Abidjan devient ainsi un centre régional pour le développement du taekwondo dans seize pays d’Afrique de l’Ouest. Ce statut fait suite à un protocole signé en juin 2025 entre le Kukkiwon et la Fondation SIACADO, rapporte MEDIA INFOS ACTU.
Concrètement, les pratiquants de la région pourront passer leurs examens à Abidjan sans avoir à se rendre en Asie. Les fédérations nationales bénéficieront d’un accompagnement technique direct du Kukkiwon. Pour le Grand Maître Yun Ung Suk, interrogé par l’Agence Ivoirienne de Presse, le niveau technique des Ivoiriens justifie ce choix stratégique.
Le vice-président reçoit une ceinture noire honorifique
La dimension diplomatique de la visite s’est jouée au plus haut niveau. La délégation a été reçue par le vice-président Tiémoko Meyliet Koné, qui a reçu une ceinture noire honorifique de 8ème dan en reconnaissance de sa contribution au développement du sport, rapporte Abidjan.net Sport. Le ministre des Sports et du Cadre de vie, Adjé Silas Metch, a quant à lui réaffirmé la volonté du gouvernement de renforcer la coopération avec la Corée du Sud.
En retour, le Grand Maître Yun Ung Suk a été élevé au rang de Commandeur dans l’Ordre du Mérite sportif ivoirien, selon l’Agence Ivoirienne de Presse. C’est la première fois qu’un président du Kukkiwon effectue une visite officielle en Côte d’Ivoire, souligne Africa24Sport.
Contexte en Côte d’Ivoire
La Côte d’Ivoire compte une communauté de pratiquants de taekwondo en pleine expansion depuis les années 2000. La Fédération Ivoirienne de Taekwondo, reconnue par le ministère des Sports, organise les compétitions nationales et coordonne les clubs à travers le pays. Mais jusqu’à cette mission, les grades délivrés localement n’avaient pas tous la reconnaissance internationale du Kukkiwon.
Le protocole de juin 2025 avait déjà posé les bases de ce partenariat. Abidjan devait devenir un centre de formation et de certification pour les pays voisins : Burkina Faso, Mali, Sénégal, Ghana, Togo, Bénin, Niger, et d’autres nations d’Afrique de l’Ouest. La mission actuelle concrétise cette ambition.
Un modèle pour d’autres sports ?
Ce partenariat rappelle d’autres initiatives de coopération sportive bilatérale, comme la visite de Sébastien Lecornu à Rabat où la France a renforcé ses liens avec le Maroc dans plusieurs domaines, dont le sport. Mais ici, c’est la Côte d’Ivoire qui devient le point d’ancrage régional d’une fédération internationale.
Pour les autorités ivoiriennes, l’enjeu dépasse le taekwondo. Faire d’Abidjan un hub sportif régional, c’est attirer des événements, des stages, des compétitions. C’est aussi renforcer l’attractivité du pays dans une sous-région où la concurrence est vive.
La mission du Kukkiwon s’achève mi-juillet. Les pratiquants ivoiriens qui ont passé leurs examens recevront leurs certificats officiels dans les semaines suivantes. Pour la Fédération Ivoirienne de Taekwondo, le travail commence : structurer l’accompagnement des autres pays de la zone et maintenir le niveau technique qui a convaincu Séoul.
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