6 août 2026

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Le Gabon mise sur l’exploitation minière pour diversifier son économie

Le Gabon mise sur l’exploitation minière pour diversifier son économie

Face à un déclin progressif de sa production pétrolière, le Gabon accélère sa transition vers un nouveau pilier économique : l’exploitation minière. Depuis plusieurs mois, les annonces se multiplient, portées par des investissements colossaux dépassant le milliard de dollars. Des campagnes d’exploration et de prospection sont en cours dans plusieurs régions, avec un objectif ambitieux : positionner le pays parmi les principaux acteurs mondiaux de la production minière d’ici 2030.

Carrière d'exploitation de manganèse à Moanda par la Compagnie minière de l'Ogooué (COMILOG, filiale du groupe français Eramet).

À Libreville, le ministre des Mines, Sosthène Nguema Nguema, évoque avec enthousiasme cette dynamique qui pourrait redéfinir le paysage économique gabonais. « Nous avons identifié et programmé l’ouverture de plusieurs mines entre 2026 et 2030. Dans cette période, environ huit sites miniers verront le jour. Parmi eux, la mine de Milingui pour le fer, celle de la potasse, celle d’Etéké pour l’or, celle de Baniaka pour le fer, ainsi que les mines de Mébaga et M’Bilan, également dédiées au fer », explique-t-il. Ces projets, en plus de dynamiser le secteur, devraient générer des milliers d’emplois directs et indirects.

L’ambition affichée par le gouvernement est claire : passer d’une croissance actuelle de 6 % dans le secteur minier à une progression de 15 à 20 % d’ici quelques années. « Nous visons une croissance à deux chiffres dans les mois et les années à venir », précise le ministre. Un objectif qui s’inscrit dans une stratégie de diversification économique visant à réduire la dépendance du pays aux revenus pétroliers.

Les défis à relever pour concrétiser cette ambition

Cependant, les experts soulignent que la réussite de cette transition dépendra de plusieurs facteurs clés. Orphée Mouelé, économiste à l’Université Omar Bongo, insiste sur l’importance cruciale des infrastructures. « Le succès repose sur des conditions sine qua non : le développement des réseaux de transport (routes, voies ferrées, ports), ainsi qu’un renforcement significatif de la production énergétique. Sans ces leviers, l’exploitation minière restera un potentiel non exploité », analyse-t-il.

Les acteurs de la société civile, comme l’ONG Éthique et bonne gouvernance, saluent cette orientation stratégique. Pourtant, sa présidente, le docteur Edmiaune Zouga, rappelle que l’enjeu majeur réside dans l’impact social. « Ce qui compte le plus pour nous, c’est l’impact concret sur la population. Il est essentiel que chaque Gabonais ressente les retombées économiques de ces projets dans son quotidien », souligne-t-elle.

Parallèlement à cette exploitation accrue, le gouvernement gabonais encourage activement la transformation locale des matières premières. L’objectif ? Créer davantage de valeur ajoutée et d’emplois au sein du pays, tout en limitant l’exportation brute de ressources non transformées.

Un virage économique sous haute surveillance

Avec ces annonces, le Gabon s’engage dans une voie ambitieuse, mais semée d’embûches. La capacité du pays à surmonter les défis logistiques et sociaux déterminera si cette stratégie portera ses fruits. Une chose est sûre : la transition minière est désormais au cœur de l’agenda économique gabonais, avec l’espoir de faire du pays un acteur incontournable du secteur en Afrique centrale.