La République démocratique du Congo traverse une période politique particulièrement tendue. Lors d’une session extraordinaire tenue à Kinshasa ce samedi 20 juin, la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) a livré un constat accablant : les forces de l’ordre et une milice politique, la Force du progrès, auraient collaboré pour réprimer violemment des rassemblements pacifiques organisés par l’opposition.
Dans un communiqué rendu public, Monseigneur Donatien Nshole, secrétaire exécutif de la CENCO, a dénoncé une « escalade de la violence orchestrée par des acteurs institutionnels et partisans ». Selon ses déclarations, les forces de sécurité auraient utilisé des méthodes brutales pour disperser les manifestants, notamment à proximité du Palais du Peuple, où une manifestation de la Coalition C64 avait été violemment réprimée le 12 juin 2026.
une répression orchestrée par deux entités
Le rapport de la CENCO pointe du doigt la Police nationale congolaise et la Force du progrès, une milice affiliée à l’UDPS, parti au pouvoir. Ces dernières auraient agi de concert pour étouffer toute contestation contre le projet de modification de la Constitution, adopté en février 2006. Les gaz lacrymogènes, les arrestations arbitraires et les violences physiques auraient marqué ces interventions, suscitant l’indignation des observateurs.
« Les manifestations de l’Opposition sont violemment réprimées par la police nationale en collaboration avec une milice d’un parti politique dénommée « Force du progrès », a indiqué la CENCO dans son communiqué. Elle ajoute que cette répression s’inscrit dans un contexte plus large de musellement des voix discordantes, y compris au sein de la majorité présidentielle.
un climat de terreur au sein de la majorité
Monseigneur Nshole a également alerté sur la pression exercée sur les membres de la majorité qui osent s’opposer à l’initiative de modification constitutionnelle. Selon lui, certains députés craindraient des représailles s’ils exprimaient leur désaccord publiquement. « Cette campagne, qui mobilise les moyens de l’État, se fait dans un climat de terreur contre des voix discordantes au sein même de la Majorité, » peut-on lire dans le texte.
La CENCO exhorte les autorités à privilégier le dialogue plutôt que la répression. Elle appelle notamment à l’adoption d’un Pacte social, une initiative visant à apaiser les tensions et à trouver des solutions négociées pour éviter une rupture du pacte républicain.
les conséquences d’une répression musclée
Cette escalade de la violence a déjà fait des victimes parmi les manifestants. Plusieurs organisations de défense des droits humains, tant locales qu’internationales, ont condamné ces méthodes. Le sit-in du 12 juin, dispersé dans la violence, avait été organisé pour protester contre l’adoption par l’Assemblée nationale d’une proposition de loi référendaire portée par le député Paul-Gaspard Ngondakoy.
Alors que le débat sur la modification de la Constitution s’intensifie, la CENCO rappelle au président Félix Tshisekedi les engagements qu’il a pris devant Dieu et la Nation. Elle se réserve le droit d’annoncer prochainement un calendrier d’actions pour défendre les valeurs démocratiques et la stabilité du pays.
Cette crise politique met en lumière les enjeux de gouvernance en RDC et interroge sur l’avenir de la démocratie dans un pays où les voix critiques sont de plus en plus étouffées.
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