14 mai 2026

Khalifa Sall lance la refondation du contrat social avec taxawu Sénégal

Le Sénégal vient de vivre un moment charnière dans son paysage politique. Le mouvement Taxawu Sénégal a organisé hier, dimanche 10 mai à Dakar, son Congrès constitutif, officialisant ainsi sa transformation en parti politique structuré. Cet événement historique s’est tenu sous le thème ambitieux : « De la plateforme au parti politique : repenser le contrat social pour un Sénégal souverain, juste, solidaire et prospère ».

Un diagnostic sans concession de la situation nationale

Lors de son intervention, Khalifa Ababacar Sall a été acclamé par les congressistes pour prendre la tête du nouveau parti. Dans un discours à la fois percutant et visionnaire, il a dressé un tableau sans fard de la situation du pays. « Les Sénégalaises et les Sénégalais ressentent une profonde déception face à l’absence de concrétisation des promesses de justice sociale, de transparence et de prospérité », a-t-il souligné, évoquant des « interrogations légitimes » et des « difficultés quotidiennes » qui minent le quotidien des citoyens.

Le leader socialiste a pointé du doigt une crise sociale multidimensionnelle : enseignants en quête de reconnaissance, étudiants dans des conditions précaires, travailleurs réclamant des droits, paysans en détresse, pêcheurs menacés par l’épuisement des ressources halieutiques, et femmes confrontées à des réalités économiques de plus en plus difficiles. « La jeunesse sénégalaise est particulièrement touchée par le chômage massif et la reprise de l’émigration clandestine », a-t-il alerté, avant de lancer : « Des jeunes qui cherchent du travail, on en trouve ; des jeunes qui trouvent du travail, on en cherche. »

Propositions pour un nouveau contrat social

Face à ce constat alarmant, Taxawu Sénégal propose une refonte totale du contrat social. Khalifa Sall a insisté sur la nécessité d’un État impartial, sobre et exemplaire, garantissant un accès équitable à l’éducation, à la santé, à l’emploi et à la protection sociale. Le parti plaide également pour une décentralisation renforcée, fondée sur des collectivités autonomes et transparentes, ainsi qu’une gouvernance de proximité favorisant la participation citoyenne.

Sur le plan institutionnel, le nouveau parti exige une justice indépendante et impartiale, rejetant toute forme de « justice sélective » ou de restriction des libertés publiques. « Une démocratie sans opposition viable n’est qu’une autocratie déguisée », a-t-il martelé, en défenseur intransigeant de la liberté d’expression, de la presse et du pluralisme politique.

Vision géopolitique et idéologie socialiste

Khalifa Sall a également abordé les enjeux internationaux, appelant à une diplomatie sénégalaise fondée sur la paix, le multilatéralisme, la solidarité africaine et la souveraineté économique. « Dans un monde marqué par les conflits et les crises économiques, le Sénégal doit affirmer sa place avec détermination », a-t-il déclaré.

Le leader de Taxawu Sénégal a réaffirmé l’ancrage socialiste du parti, dénonçant un modèle où « les inégalités se reproduisent de génération en génération ». Le projet de société repose sur un triptyque fondateur : « l’Humain, l’Eau et la Terre ». L’objectif ? Promouvoir une économie « productive et distributive », créatrice de richesses et fondée sur un partage équitable des fruits de la croissance.

Appel à l’unité des forces de gauche

En conclusion de son discours, Khalifa Sall a lancé un appel solennel à l’unité des sensibilités de gauche. « Le Sénégal a besoin d’une opposition unie. L’unité fait notre force, elle fera notre victoire », a-t-il conclu sous une ovation nourrie des congressistes.