Le rythme d'exécution du budget d'investissement public au Cameroun s'est effondré au premier trimestre, révélant une entrée d'exercice budgétaire particulièrement heurtée. Les dépenses d'investissement ordonnancées ne dépassaient pas 45 milliards de FCFA, contre 175,5 milliards un an plus tôt à la même échéance. Le repli atteint 130,5 milliards de FCFA en valeur absolue, soit une contraction de 74,4 % en glissement annuel.
Un basculement technique qui grippe la chaîne de la dépense
Le ministère des Finances impute une part significative de ce ralentissement à la migration de la gestion budgétaire vers une nouvelle plateforme informatique, dénommée PROBMIS IA. Le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme reconnaît explicitement que les contraintes techniques du basculement ont freiné le traitement des opérations.
Les dépenses courantes ne s'en sortent d'ailleurs qu'à peine mieux, avec un taux d'exécution de 14,7 % à fin mars. La rupture est particulièrement violente sur les investissements financés sur ressources propres, dont le taux d'exécution s'établit à 0,3 % seulement.
Financements extérieurs : des décaissements en net repli
À la friction technique s'ajoute un environnement de mobilisation des ressources moins porteur. Les emprunts et dons effectivement mobilisés à fin mars n'ont totalisé que 137,5 milliards de FCFA, contre 327,6 milliards un an plus tôt.
Du côté des dépenses, l'ordonnancement total atteint 1 547,1 milliards de FCFA, en repli de 2,9 % par rapport aux 1 593,2 milliards enregistrés un an auparavant. Les ressources budgétaires mobilisées par l'État camerounais s'élèvent à 1 331,4 milliards de FCFA à fin mars, sur un objectif annuel de 8 683,9 milliards.
Un risque tangible pour les projets structurants de la SND30
Le premier trimestre est traditionnellement une période de faible consommation des crédits d'investissement. Un tel retard, s'il devait se prolonger, mettrait sous tension le calendrier des projets d'infrastructures inscrits dans la Stratégie nationale de développement 2020-2030.
Les secteurs les plus exposés à la commande publique se retrouvent en première ligne. Le bâtiment et les travaux publics, les matériaux de construction, l'ingénierie et les transports dépendent étroitement de la capacité de l'État à ordonnancer les dépenses d'équipement dans les délais prévus.
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