14 mai 2026

Industrialisation de la Côte d’Ivoire : levier clé pour une économie émergente

Industrialisation en Côte d’Ivoire : une stratégie incontournable pour booster la croissance économique

Échanges entre journalistes et Paul-Harry Aithnard, directeur général Ecobank Côte d’Ivoire

L’industrialisation de la Côte d’Ivoire s’impose aujourd’hui comme un pilier stratégique pour accélérer le développement économique du pays. Lors d’un déjeuner de presse organisé à Abidjan-Plateau, Paul-Harry Aithnard, directeur général d’Ecobank Côte d’Ivoire et directeur régional UEMOA, a partagé une vision ambitieuse : transformer l’économie ivoirienne en s’inspirant des succès internationaux.

Pourquoi l’industrialisation est-elle indispensable pour la Côte d’Ivoire ?

Pour Paul-Harry Aithnard, l’industrialisation n’est pas une option, mais une nécessité absolue. Il explique que, pour atteindre le statut d’économie émergente, la Côte d’Ivoire doit impérativement suivre la voie tracée par des pays comme la Malaisie. Ce dernier, avec un PIB similaire à celui de la Côte d’Ivoire il y a 25 ans (100 milliards de dollars), a réussi à quadrupler son économie en quelques décennies, atteignant plus de 400 milliards de dollars aujourd’hui.

« Le PIB actuel de la Côte d’Ivoire est de 100 milliards de dollars. C’était celui de la Malaisie il y a 25 ans. Grâce à une industrialisation massive, ce pays est passé de 100 à plus de 400 milliards de dollars de PIB. »

Cette comparaison met en lumière le potentiel inexploité de la Côte d’Ivoire. En misant sur l’industrialisation, le pays pourrait non seulement multiplier sa richesse, mais aussi créer des emplois durables, renforcer sa compétitivité et réduire sa dépendance aux matières premières.

Les leviers pour réussir cette transformation industrielle

Pour concrétiser cette vision, plusieurs axes stratégiques doivent être priorisés. Voici les principales recommandations de Paul-Harry Aithnard :

  • Développer l’inclusion financière : Faciliter l’accès aux services bancaires pour les populations, permettre l’épargne, les prêts et les investissements. Cela passe par une digitalisation accrue des services financiers, réduisant les coûts et élargissant l’accès.
  • Moderniser les infrastructures : Le secteur privé, notamment bancaire, doit jouer un rôle clé en finançant les grands projets d’infrastructures. Cette collaboration public-privé est essentielle pour accélérer le développement.
  • Renforcer la production d’électricité : L’industrialisation ne peut se faire sans une énergie stable et abondante. La Côte d’Ivoire a déjà fait des progrès significatifs dans ce domaine, mais des efforts supplémentaires sont nécessaires.
  • Améliorer le système éducatif : Former les jeunes aux sciences, technologies et au management est crucial. Ces compétences sont les fondations d’une économie moderne et innovante.

Un rôle clé pour le secteur bancaire et l’État

Le secteur bancaire, en tant qu’acteur majeur de l’économie, a un rôle déterminant à jouer. Paul-Harry Aithnard souligne que les banques doivent accompagner cette transformation en finançant les infrastructures et en facilitant l’accès au crédit pour les entreprises industrielles. Ce soutien financier est un choix stratégique pour Ecobank Côte d’Ivoire, qui s’est engagé dans cette voie.

De son côté, l’État doit créer un environnement propice à l’industrialisation. Cela inclut :

  • L’investissement dans les secteurs stratégiques comme l’énergie et l’éducation ;
  • La mise en place de politiques incitatives pour attirer les investisseurs ;
  • Le renforcement des institutions pour garantir un climat des affaires stable.

L’industrialisation est donc un projet collectif qui nécessite la mobilisation de tous les acteurs : secteur privé, institutions publiques, et société civile. En s’inspirant des modèles réussis comme celui de la Malaisie, la Côte d’Ivoire peut envisager un avenir économique prometteur.