Gabon : la SEEG face à l’impératif de résultats après un milliard de milliards FCFA investis
À Libreville, l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), parti présidentiel fondé par le général Brice Clotaire Oligui Nguema, vient de lancer un avertissement sans précédent à la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG). L’enjeu ? Évaluer concrètement l’impact des mille milliards de francs CFA injectés par l’État gabonais ces trois dernières années.
Cette mobilisation financière exceptionnelle, justifiée par la nécessité de moderniser un secteur vital, devrait logiquement se traduire par une amélioration tangible du quotidien des Gabonais. Pourtant, les coupures d’électricité à répétition, les pénuries d’eau persistantes et le vieillissement des infrastructures continuent de plomber le quotidien des ménages comme des entreprises.
Des attentes citoyennes de plus en plus pressantes
Les Gabonais subissent au quotidien les conséquences d’un système énergétique défaillant. Les quartiers de Libreville, les villes de l’intérieur du pays et les zones rurales sont régulièrement plongés dans le noir ou privés d’eau courante. Les entreprises, contraintes d’investir massivement dans des groupes électrogènes, voient leurs coûts opérationnels s’envoler, tandis que les familles supportent une qualité de vie en berne.
Pour l’UDB, le temps des explications est révolu. Le parti rappelle que les fonds alloués par l’État devaient servir à la réhabilitation complète des installations, à l’augmentation des capacités de production et à la modernisation des réseaux de distribution. Pourtant, malgré ces moyens colossaux, les résultats restent largement en deçà des promesses.
La gouvernance de la SEEG sous le feu des projecteurs
Le communiqué de l’UDB ne se contente pas de pointer du doigt les dysfonctionnements. Il interroge directement la responsabilité managériale des dirigeants de la SEEG. Comment expliquer que des ressources aussi importantes n’aient pas permis de résoudre durablement les problèmes d’accès à l’eau et à l’électricité ?
En exigeant des comptes publics, le parti présidentiel opère un virage stratégique. Il distingue clairement la volonté politique de l’exécutif, résolument engagé dans la transition, des performances opérationnelles de l’opérateur historique. Le message est sans ambiguïté : les moyens ont été mobilisés, il appartient désormais aux gestionnaires de prouver leur efficacité.
Un test décisif pour la transition gabonaise
Depuis le début de la transition en août 2023, les autorités gabonaises ont placé l’amélioration des conditions de vie au cœur de leur action. Or, aucun autre dossier ne cristallise autant les frustrations que celui de l’énergie et de l’eau. Pour les Gabonais, la question n’est plus de savoir combien a été investi, mais pourquoi ces investissements ne se matérialisent pas encore par des services à la hauteur des attentes.
L’interpellation de l’UDB marque un tournant dans le débat public. Elle révèle une impatience croissante face à une situation devenue insupportable, et impose une culture de la performance là où l’immobilisme prévalait jusqu’alors.
Les prochaines semaines seront déterminantes. Les Gabonais attendent des réformes structurelles, une réorganisation de la gouvernance de la SEEG, voire un changement des équipes dirigeantes. Car au-delà des discours et des rapports financiers, seule une amélioration concrète et durable des services pourra restaurer la confiance dans la transition et dans l’avenir du pays.
Pour les citoyens, la réponse est simple : l’eau doit couler à nouveau dans les robinets, et la lumière ne doit plus être une loterie quotidienne. C’est à cette aune que sera jugée la capacité de la SEEG – et, plus largement, de l’État gabonais – à transformer les promesses en résultats tangibles.
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