Dans le centre du Mali, plus précisément dans le village de Kyrnia, région de Mopti, une frappe aérienne a coûté la vie à huit civils, dont trois enfants, le 15 juin 2026. L’attaque, menée par un avion identifié comme un Soukhoï Su-24, a visé des cibles apparemment sans lien avec des groupes armés, selon les témoignages recueillis.
Une attaque aux conséquences humaines dévastatrices
Deux bombes ont été larguées sur Kyrnia, une première à proximité de la résidence du chef du village, tuant sa femme, deux de ses enfants et un autre enfant, ainsi qu’une femme blessée. La seconde a frappé un marché aux bestiaux voisin, tuant quatre hommes et en blessant deux autres. Aucun signe de combattants n’a été relevé parmi les victimes, mettant en lumière l’ampleur des dommages collatéraux.
Les récits des habitants brossent un tableau tragique. Un éleveur de vaches de 37 ans a décrit l’impact de la deuxième explosion : « Le marché était en désordre, des étalages étaient projetés à plusieurs mètres, des bœufs et des moutons déchiquetés ». Un autre témoin, un commerçant de 35 ans, a évoqué le bruit assourdissant de l’avion avant de voir une « boule de feu » s’abattre sur le village.
Des témoignages accablants sur les circonstances de l’attaque
Les habitants ont confirmé qu’au moins cent combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) se trouvaient dans le village au moment des frappes, principalement à la mosquée ou près du marché. Pourtant, les cibles touchées — la résidence du chef et le marché aux bestiaux — ne correspondaient pas à des objectifs militaires légitimes.
Un éleveur de chameaux de 48 ans a relaté avoir été « projeté au sol par le souffle de la première explosion », constatant avec horreur des blessés autour de lui. Un homme de 40 ans a identifié les corps de trois marchands tués alors qu’ils circulaient en tricycle chargés de sacs de dattes. Un autre témoin a détaillé l’état d’un blessé : « Ses bras avaient été déchiquetés par des fragments de bombe ».
L’Africa Corps et le droit international en question
Les frappes ont été revendiquées par l’Africa Corps, une entité militaire contrôlée par la Russie, sur ses réseaux sociaux. Une vidéo publiée par le groupe montrait des images des frappes, géolocalisées à Kyrnia. Pourtant, les preuves recueillies, incluant des images satellites et des photographies, révèlent des cratères de 12 mètres de large, signe de l’utilisation de munitions lourdes.
Le droit international humanitaire interdit les attaques ciblant des civils ou des biens civils, ainsi que les frappes disproportionnées. Les parties au conflit doivent prendre toutes les précautions pour éviter des pertes civiles. Or, à Kyrnia, aucune distinction n’a été faite entre civils et combattants, rendant ces frappes illégales.
Une surveillance préalable et des questions en suspens
Des habitants ont affirmé avoir observé un drone survoler Kyrnia la veille de l’attaque, suggérant une surveillance préalable. Le GSIM, présent dans la région depuis six ans, est connu pour stocker parfois des armes et du matériel dans des zones civiles, mais rien n’indique que la résidence du chef ou le marché aux bestiaux servaient à cet usage au moment des frappes.
Le gouvernement malien, allié à l’Africa Corps, a l’obligation d’enquêter sur cet incident et de rendre des comptes. Les autorités doivent clarifier les responsabilités et s’assurer que de telles violations ne se reproduisent pas.
« Le gouvernement malien ne peut ignorer les violations du droit international perpétrées par ses alliés », a souligné un observateur. « Il doit mener une enquête impartiale et sanctionner les responsables, sous peine d’être complice de ces crimes. »
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