L’Union européenne ouverte à une renégociation des accords de pêche avec le Gabon
Le Gabon et l’Union européenne pourraient bientôt tourner la page d’un partenariat historique, mais controversé. Dans un communiqué officiel publié sur Facebook, la représentation de l’UE au Gabon a réaffirmé sa volonté d’engager des discussions constructives avec les autorités gabonaises. Objectif : répondre aux préoccupations croissantes soulevées ces derniers mois, notamment sur les aspects économiques et écologiques de leur collaboration.
Un accord jugé déséquilibré par Libreville
En juin 2025, le président Brice Oligui Nguema a tiré la sonnette d’alarme : l’accord en vigueur, qualifié de profondément déséquilibré, devait être renégocié sans délai. Le gouvernement gabonais a pointé du doigt plusieurs déséquilibres structurels, dont la faible rentabilité des recettes perçues par l’État face à la valeur des prises réalisées par les navires européens.
Autre grief majeur : les coûts cachés supportés par le Gabon pour assurer la surveillance et le contrôle des activités de pêche, ainsi que les pertes économiques liées à l’absence de transformation locale des ressources halieutiques capturées. Ces éléments ont conduit Libreville à acter le lancement d’une procédure de dénonciation unilatérale de l’accord.
Les risques de surexploitation dénoncés par les autorités gabonaises
Le ministère gabonais des Affaires étrangères a également mis en lumière l’insuffisance des investissements consentis par Bruxelles en faveur du développement local, de la création d’emplois ou du renforcement des capacités nationales. Par ailleurs, l’absence de mécanismes transparents de suivi scientifique a accru les craintes d’une surexploitation des ressources halieutiques, compromettant ainsi la durabilité des stocks de poissons dans les eaux territoriales gabonaises.
Ces critiques ont été relayées lors du conseil des ministres de juin 2025, où le gouvernement a détaillé les failles du dispositif actuel, jugé peu avantageux pour l’économie et les écosystèmes locaux.
Vers un accord de pêche durable et mutuellement bénéfique ?
Face à ces constats, l’Union européenne a proposé de réinventer leur collaboration. Dans son communiqué, elle a exprimé sa disponibilité immédiate pour négocier un nouvel accord de partenariat de pêche durable, de nouvelle génération, ainsi qu’un protocole d’application conçu pour être équitable et performant. L’objectif affiché ? Établir un cadre rénové, à même de concilier intérêts économiques et préservation des ressources.
Signé initialement en 2007, l’Accord de Partenariat de Pêche Durable (APPD) autorisait les navires européens à opérer dans les eaux gabonaises. Renouvelé à plusieurs reprises jusqu’en 2021 pour une durée de cinq ans, il représentait une valeur globale estimée à environ 17 milliards de francs CFA (soit près de 26 millions d’euros), selon les chiffres officiels du ministère gabonais des Affaires étrangères.
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