3 juin 2026

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Faye et Sonko : des tensions derrière une séparation politique inhabituelle

Faye et Sonko : des tensions derrière une séparation politique inhabituelle

Les coulisses d'une rupture politique inédite entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko

L’ancienne équipe gouvernementale du Sénégal traverse une période de remous après les révélations d’Ousmane Sonko sur les conditions de son éviction. Un récit qui met en lumière les désaccords profonds entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre.

Une rupture politique aux allures de désaccord

Les déclarations de l’ancien chef du gouvernement dessinent un tableau contrasté de sa sortie du pouvoir. Selon ses propos, le président Bassirou Diomaye Faye aurait souhaité que leur séparation soit présentée comme un départ « d’un commun accord ». Une proposition que Ousmane Sonko aurait catégoriquement refusée, estimant qu’elle ne reflétait pas la réalité.

« Il m’a demandé de déclarer une séparation à l’amiable, mais j’ai refusé catégoriquement. Nous n’avions mené aucune négociation préalable, et il a pris sa décision seul », confie-t-il, soulignant l’unilatéralité de la procédure. Les heures suivant son limogeage auraient été marquées par des échanges tendus, où la présidence aurait enclenché les démarches sans concertation sur la communication de cette rupture.

Une décision perçue comme une libération

Dans son analyse, Ousmane Sonko évoque une forme de soulagement face à cette séparation. Pour lui, cette rupture politique ne constitue pas un revers, mais plutôt une opportunité de se recentrer sur ses priorités. « Cette décision m’a libéré, et elle n’affectera pas ma trajectoire politique », affirme-t-il avec conviction.

Dès le début de leur collaboration, il avait posé une condition non négociable : ne jamais être à l’origine de la rupture. Après l’annonce officielle de son départ, il aurait regagné son domicile avant de s’isoler quelques jours, laissant planer un silence entre les différentes parties prenantes.

Les répercussions sur la formation du nouveau gouvernement

Les tensions ne se seraient pas arrêtées à la simple éviction. Ousmane Sonko révèle qu’il aurait été informé de consultations menées par la présidence auprès de ministres sortants issus de son parti, Pastef. Une initiative qu’il aurait vivement déconseillée à ces derniers, leur recommandant de privilégier les canaux officiels du parti pour tout échange.

Cette position aurait exacerbé les frictions entre les factions, entraînant un blocage de plusieurs jours. Une tentative de médiation aurait ensuite été engagée, avec la proposition d’une rencontre réunissant plusieurs responsables politiques, dont Birame Souleye Diop, El Malick Ndiaye, Alioune Sall et Daouda Ngom. Cependant, aucune avancée concrète n’aurait été enregistrée.

Les ultimes discussions se seraient finalement tenues avec le nouveau Premier ministre, Al Aminou Lo. Pourtant, aucun compromis n’aurait été trouvé sur les questions épineuses soulevées par l’ancien Premier ministre : justice, responsabilité et gestion de la dette publique.