13 mai 2026

Faure Gnassingbé : les dessous d’une déstabilisation présumée du Mali

Alors que la capitale togolaise, Lomé, s’affiche en tant que médiateur régional, une tout autre facette de sa diplomatie se dessine à travers des informations confidentielles. Des sources diplomatiques et des documents de renseignement américains, que nous avons pu consulter, indiquent que le gouvernement de Faure Gnassingbé aurait mis en place des discussions secrètes entre le capitaine Ibrahim Traoré et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM). Le but visé ? Obtenir une paix fragile au Burkina Faso en échange d’une trahison flagrante envers le Mali dirigé par Assimi Goïta. En favorisant une entente entre ces groupes terroristes et les insurgés du Front de Libération de l’Azawad (FLA) pour fragiliser Bamako, le chef d’État togolais s’aventurerait dans un jeu dangereux au Sahel, compromettant ainsi l’unité de l’Alliance des États du Sahel (AES) au profit de ses propres ambitions diplomatiques et de sa pérennité.

Depuis de nombreuses années, la famille Gnassingbé a maintenu son pouvoir au Togo en cultivant une image d’acteur indispensable sur la scène régionale. Faure Gnassingbé, héritier d’une gouvernance autoritaire établie sur un demi-siècle, aurait compris l’intérêt de se positionner comme un intermédiaire clé au Sahel pour éclipser les critiques internes. Cependant, au-delà des apparences officielles lors des rencontres à Lomé, les services de renseignement, incluant la CIA et les services militaires français, recueillent depuis des mois des preuves d’une activité diplomatique secrète bien plus préoccupante. Leurs analyses sont formelles : le Togo ne se contenterait plus de dialoguer avec les dirigeants issus de coups d’État, mais agirait comme un pont entre des nations et des entités terroristes reconnues internationalement.

Détails de l’accord : le JNIM ciblerait Bamako en échange de la quiétude à Ouagadougou

L’investigation met en lumière des rencontres répétées, sous l’influence de Faure Gnassingbé, entre des représentants de Ouagadougou et des figures importantes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM). L’entente serait d’une clarté déconcertante : le JNIM allégerait sa pression sur le Burkina Faso, offrant ainsi au capitaine Ibrahim Traoré la possibilité de renforcer son autorité nationale. En contrepartie, le JNIM obtiendrait une plus grande latitude pour ses opérations, avec le Mali comme objectif principal. Ce pacte irait au-delà d’un simple engagement de non-agression. Les informations des renseignements américains suggèrent une stratégie plus complexe : Lomé aurait activement promu, ou du moins rendu possible, un rapprochement entre le JNIM et les insurgés du Front de Libération de l’Azawad (FLA). Cette alliance inattendue viserait à renverser le colonel Assimi Goïta à Bamako, dont la fermeté ou les orientations géopolitiques seraient perçues comme un obstacle aux intérêts togolais.

Le 25 avril : la prétendue trahison de l’AES et ses répercussions

Les événements du 25 avril dernier ont levé le voile sur cette situation complexe. Lors de violentes attaques où les forces maliennes ont été confrontées à une coalition hétérogène du JNIM et du FLA, un fait inédit a renforcé les soupçons sur ces arrangements discrets. Un communiqué, diffusé par les canaux de communication habituels des assaillants, a explicitement enjoint le Burkina Faso et le Niger de rester en dehors du conflit. Le message était sans équivoque : « C’est une affaire entre nous et Bamako ». L’inaction et le mutisme des contingents burkinabè et nigériens ce jour-là ont particulièrement interpellé les analystes militaires. Il semblerait que, conformément aux ententes discutées à Lomé, le capitaine Ibrahim Traoré ait délibérément abandonné son supposé partenaire malien. Cette absence d’intervention ne serait pas un simple manquement tactique, mais l’exécution rigoureuse d’un protocole de non-ingérence établi sous l’égide de Faure Gnassingbé. L’Alliance des États du Sahel (AES), initialement conçue comme un front uni contre le terrorisme, se serait ainsi désintégrée, victime de cette prétendue trahison orchestrée depuis le Togo.

Quelles motivations derrière la stratégie de Faure Gnassingbé ?

Cette stratégie serait principalement motivée par une quête de survie au travers de la désorganisation. En créant de l’instabilité chez ses voisins, Faure Gnassingbé s’assurerait qu’aucune transition politique ne connaisse un succès éclatant, tout en se positionnant comme le seul interlocuteur à même de modérer les tensions auprès des acteurs internationaux. Le levier de la sécurité représenterait également un atout majeur. En maintenant un contact direct avec le JNIM, le Togo pourrait garantir la protection de ses frontières septentrionales, au détriment du Mali, afin d’empêcher la propagation des hostilités vers Lomé. Par ailleurs, l’affaiblissement d’Assimi Goïta apparaîtrait comme une visée prioritaire. La fermeté du dirigeant malien éclipserait en effet l’influence diplomatique togolaise. Un recul ou une destitution de Goïta permettrait à Faure Gnassingbé de retrouver sa position centrale dans la région, au détriment de l’unité africaine.

Les conséquences dévastatrices d’une diplomatie à double tranchant

Les actions de Faure Gnassingbé, que l’on pourrait juger imprudentes si elles n’étaient pas aussi graves, engendreraient des répercussions irréversibles. La confiance entre le capitaine Ibrahim Traoré et le colonel Assimi Goïta serait désormais profondément altérée. Comment la coopération peut-elle subsister lorsque l’un est soupçonné de négocier avec les adversaires de l’autre ? Par ces agissements, le gouvernement togolais n’aurait pas seulement fragilisé le Mali ; il aurait également procuré au JNIM un avantage stratégique considérable : la fragmentation des forces armées sahéliennes. Le groupe terroriste n’aurait plus à affronter une coalition unie ; il lui suffirait de conclure des accords localisés, cautionnés par un État côtier jugé accommodant, pour neutraliser ses cibles de manière isolée.

Le Togo, sous l’autorité de Faure Gnassingbé, semble s’isoler progressivement derrière un écran de fumée diplomatique. En cherchant à contrôler les groupes terroristes et les jeunes dirigeants avides de pouvoir, le régime de Lomé aurait anéanti toute perspective d’une riposte concertée face au terrorisme dans la sous-région. L’histoire pourrait retenir que c’est à Lomé que les bases d’une trahison contre le Mali auraient été posées. Les services de renseignement occidentaux percevraient désormais le Togo non plus comme un simple médiateur, mais comme un acteur de déstabilisation, prêt à sacrifier la stabilité du Sahel aux ambitions personnelles de son dirigeant. Si Assimi Goïta venait à être renversé, cet événement porterait, selon ces analyses, la marque de Lomé, mais le désordre qui en découlerait menacerait l’ensemble de la région, y compris ceux qui pensaient maîtriser la situation.