Lomé est le théâtre, depuis le 18 mai 2026, de la troisième édition du forum Biashara Africa, un événement majeur dédié au commerce, à l’investissement et aux partenariats économiques sur le continent. Au cœur de cette actualité Afrique francophone, le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a prononcé un discours inaugural percutant, mettant en lumière les défis de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et la nécessité impérieuse de concrétiser les ambitions politiques en succès économiques tangibles pour les peuples africains.
Devant une assemblée composée de chefs d’État, de ministres, d’investisseurs et de figures du secteur privé africain, le leader togolais a clairement énoncé que « le temps de la vision doit maintenant laisser place à celui des résultats ».
Hommage et impératif d’action pour la ZLECAf
Dans sa prise de parole, Faure Gnassingbé a salué l’engagement indéfectible d’Issoufou Mahamadou, véritable champion de la ZLECAf, pour son rôle pionnier dans la promotion de l’intégration économique africaine.

Le Président du Conseil a souligné que les cadres juridiques et les déclarations d’intention ne suffisent plus. L’intégration africaine doit impérativement se concrétiser par des infrastructures modernes et efficaces, des corridors logistiques optimisés, des systèmes de paiement transfrontaliers fluides et des échanges commerciaux simplifiés entre les entreprises du continent.
Il a par ailleurs pointé du doigt les obstacles persistants, tels que les barrières non tarifaires, les lenteurs administratives aux frontières et les coûts logistiques excessivement élevés, qui continuent d’entraver le développement du commerce intra-africain.
Biashara Africa : une tribune africaine pour des solutions concrètes
Pour le chef de l’exécutif togolais, le forum Biashara Africa doit transcender le simple rôle de plateforme de discussion. « Cet événement doit devenir un catalyseur de solutions, un moteur de partenariats et un levier essentiel pour l’opérationnalisation de l’intégration africaine », a-t-il affirmé avec conviction.
Le dirigeant a également mis en exergue le rôle stratégique de la ZLECAf dans un environnement mondial en pleine mutation, caractérisé par des tensions géopolitiques accrues, une montée du protectionnisme et une reconfiguration profonde des chaînes d’approvisionnement internationales.
Vers une Afrique souveraine économiquement
Faure Gnassingbé a insisté sur le fait qu’aucune économie africaine ne peut, isolément, défendre efficacement ses intérêts dans un monde de plus en plus fragmenté. C’est pourquoi, selon lui, la ZLECAf va bien au-delà d’un simple accord commercial ; elle se profile comme un instrument fondamental pour bâtir une Afrique souveraine sur le plan économique.

L’objectif ultime est de permettre au continent de stimuler sa production locale, de renforcer considérablement ses capacités industrielles et, par conséquent, d’accroître son pouvoir de négociation sur la scène économique mondiale. C’est une véritable voix panafricaine qui s’exprime en faveur d’un panafricanisme économique.
Un plaidoyer pour l’émergence de champions africains
Le Président du Conseil a également souligné l’urgence de développer de robustes chaînes de valeur régionales et de favoriser l’émergence d’un secteur privé africain doté d’une puissance accrue. Malgré l’abondance de ressources naturelles et humaines, Faure Gnassingbé a déploré que l’Afrique continue majoritairement d’exporter des matières premières brutes pour importer des produits transformés à forte valeur ajoutée.
Pour lui, la ZLECAf est l’outil indispensable pour dépasser les limitations des marchés nationaux fragmentés et pour édifier des industries africaines véritablement compétitives. Il a vivement encouragé l’apparition d’entreprises à capitaux africains, capables d’opérer et de prospérer à l’échelle continentale.
Jeunesse et PME : piliers de l’intégration africaine
Dans la dernière partie de son allocution, Faure Gnassingbé a mis un accent particulier sur la jeunesse, les femmes entrepreneures et les Petites et Moyennes Entreprises (PME) africaines. Il a affirmé que l’intégration africaine ne pourra être pérenne que si elle apporte des bénéfices concrets aux populations, notamment à travers la création d’emplois, l’encouragement à l’entrepreneuriat et un accès facilité aux marchés régionaux.
« L’intégration africaine ne saurait réussir si elle demeure perçue comme un projet réservé aux grandes entreprises ou aux institutions », a-t-il martelé.
Le Togo, acteur engagé de l’intégration continentale
En clôture de son discours, Faure Essozimna Gnassingbé a réaffirmé l’engagement sans faille du Togo en faveur de l’intégration africaine. Grâce à sa position géographique stratégique, à ses infrastructures logistiques développées et à sa vocation naturelle de carrefour de connectivité régionale, le pays aspire à jouer un rôle dynamique dans la construction du futur marché africain.
Le dirigeant togolais a formulé le souhait que cette édition de Biashara Africa soit le ferment de nouveaux partenariats et d’une dynamique économique renouvelée pour l’ensemble du continent africain.
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