1 juin 2026

Voix Panafricaine

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Expulsions massives à Niamey : la société civile nigérienne dénonce une grave atteinte aux droits humains

La capitale nigérienne, Niamey, est le théâtre d’une vive controverse suite à l’annonce d’une opération d’expulsion de grande ampleur, menaçant 26 000 individus. Cette initiative, orchestrée par les autorités de transition sous la houlette du général Abdourahamane Tiani, suscite une profonde réprobation au sein de la société civile. L’absence notable de mesures d’accompagnement ou de solutions de relogement soulève des interrogations fondamentales quant au respect des droits humains les plus élémentaires dans la gouvernance actuelle.

« Hier, j’ai mal dormi ! » Cette déclaration, empreinte d’une gravité manifeste, émane de Maikoul Zodi, une personnalité éminente de la société civile nigérienne, en réaction à ce qui s’apparente à une crise humanitaire imminente. L’éviction de 26 000 personnes de leurs habitations équivaut à la disparition soudaine d’une agglomération de taille modeste. Bien que les motifs d’urbanisme ou de sécurité soient fréquemment invoqués pour justifier de telles actions de démolition, la procédure actuelle semble s’écarter des cadres légaux et éthiques.

Une flagrante méconnaissance des cadres normatifs nationaux et internationaux

L’exercice du pouvoir ne saurait se limiter à la promulgation de décrets d’expulsion émis depuis les instances du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP). La mission première de toute gouvernance est d’assurer la protection de ses citoyens. Néanmoins, en exposant des milliers de familles à une précarité extrême, les autorités en place s’affranchissent des principes juridiques fondamentaux.

Maikoul Zodi souligne avec pertinence que le corpus juridique nigérien, de même que les normes internationales, en particulier les traités relatifs aux droits économiques, sociaux et culturels auxquels le Niger est partie, régissent de manière rigoureuse les processus de libération du domaine public. Une opération d’une telle envergure requiert impérativement :

  • Une étude préalable d’impact, dite de commodo et incommodo ;
  • Un dénombrement exhaustif des populations concernées ;
  • Une compensation équitable et un projet de relogement viable, à mettre en œuvre avant toute exécution.

L’absence de ces garanties essentielles confère à cette opération le caractère d’une « expulsion forcée », une pratique proscrite par le droit international et considérée comme une infraction manifeste aux droits humains.

Des milliers d’existences confrontées à l’abandon

Au-delà de la terminologie administrative et impersonnelle de « déguerpissement », se dissimulent des drames humains poignants. Des milliers d’enfants voient leur parcours scolaire abruptement interrompu, tandis que des femmes, des seniors et des travailleurs aux revenus modestes sont soudainement plongés dans la précarité du sans-abrisme et la misère la plus profonde.

Dans un environnement socio-économique déjà fragilisé par des crises récurrentes, la décision d’une administration de délibérément priver ses propres citoyens de logement, sans considération pour leur avenir, interpelle. Aucune solution de rechange n’est proposée à ces 26 000 individus, qui se trouvent abandonnés à leur sort.