13 août 2026

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Épidémie d’Ebola : la RDC fait face à une sixième province touchée

Épidémie d’Ebola : la RDC confrontée à une propagation inédite

Équipe médicale en combinaison de protection contre Ebola en RDC

L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) franchit un cap critique en s’étendant à une sixième province, dans le nord du pays. Les autorités sanitaires s’inquiètent d’une propagation vers le Soudan du Sud voisin, où le virus pourrait gagner un nouveau terrain.

Les autorités congolaises ont déclaré la 17e épidémie d’Ebola du pays le 15 mai, après un retard de plusieurs semaines dans l’annonce. Cette flambée, déjà la plus meurtrière de l’histoire du pays, fait face à une accélération alarmante.

Entre 2018 et 2020, la RDC avait enregistré près de 2 300 décès pour 3 500 cas confirmés, une crise sanitaire majeure qui avait marqué les esprits. Aujourd’hui, en seulement trois mois, l’épidémie actuelle a déjà causé plus de 2 128 morts sur 4 566 cas confirmés.

Jusqu’à présent, cinq provinces étaient touchées : l’Ituri (frontalière de l’Ouganda et du Soudan du Sud), le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé et la Tshopo. Mais une nouvelle inquiétude émerge avec l’apparition d’un cas fatal dans le Bas-Uélé, province du nord limitrophe de la République centrafricaine, jusqu’alors épargnée.

Selon le directeur de l’Africa CDC, Jean Kaseya, la victime s’est rendue dans le Bas-Uélé en provenance du Haut-Uélé, où des cas avaient déjà été signalés. Cette extension géographique du virus soulève des craintes quant à une propagation encore plus large.

Une propagation trois fois plus rapide que les précédentes épidémies

L’Africa CDC a alerté sur la vitesse sans précédent de cette épidémie, comparant les chiffres actuels à ceux de l’épidémie d’Afrique de l’Ouest en 2014. En trois mois, les contaminations et les décès ont été sept et cinq fois plus élevés respectivement dans la RDC.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a exprimé l’espoir de renverser cette tendance d’ici trois mois, malgré l’ampleur de la crise.

Un risque imminent de propagation vers le Soudan du Sud

L’ONG Mercy Corps a tiré la sonnette d’alarme concernant un risque élevé de contamination au Soudan du Sud, frontalier des provinces de l’Ituri et du Haut-Uélé, déjà fortement impactées. Les cas confirmés ne se trouvent plus qu’à 35 kilomètres de la frontière sud-soudanaise, le long de corridors de déplacement à haut risque.

Les défis pour endiguer l’épidémie sont nombreux : services de santé saturés, accès limité à l’eau potable et aux installations sanitaires, méfiance des populations et insécurité persistante dans certaines zones.

Les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, notamment, sont divisées par des conflits armés entre l’armée congolaise et le groupe M23, soutenu par le Rwanda, qui contrôle de vastes territoires. Ces tensions compliquent considérablement les opérations de riposte sanitaire.

Un décès suspect d’Ebola avait été signalé début août sur un bateau descendant le fleuve Congo vers Kinshasa. Après investigation, aucun cas supplémentaire n’a été détecté parmi les passagers, qui ont pu débarquer en toute sécurité près de la capitale.

Le virus Ebola, transmissible par contact avec les fluides corporels, provoque une fièvre hémorragique souvent mortelle. Depuis 50 ans, il a coûté la vie à plus de 15 000 personnes en Afrique.