En République démocratique du Congo, l’épidémie d’Ebola frappe une quatrième province
L’épidémie d’Ebola, qui frappe actuellement la République démocratique du Congo, s’étend désormais à une quatrième province. Selon les autorités sanitaires nationales, le Haut-Uélé, situé dans le nord-est du pays, est désormais touché par le virus. Cette nouvelle contamination porte à 1 274 le nombre de cas confirmés depuis le début de l’épidémie, déclarée en mai 2026. Le bilan s’alourdit avec 360 décès enregistrés.
L’Ituri, province frontalière de l’Ouganda et du Soudan du Sud, reste l’épicentre de cette crise sanitaire. Les équipes médicales sur le terrain multiplient les efforts pour endiguer la propagation du virus, mais les défis restent immenses : accès difficiles aux zones infectées, violences armées récurrentes et méfiance persistante d’une partie de la population envers les mesures sanitaires.
Le Haut-Uélé, nouvelle zone à risque, frontalière de plusieurs pays
Jusqu’à présent, trois provinces congolaises étaient concernées par l’épidémie : l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Une contamination a également été recensée en Ouganda, où 20 cas, dont deux décès, ont été confirmés.
Le Haut-Uélé, désormais quatrième province touchée, partage ses frontières avec l’Ituri, le Soudan du Sud et la République centrafricaine. Selon des sources de l’Institut national de recherche biomédicale, un cas importé depuis l’Ituri a été identifié dans cette région. Le patient, déjà décédé, aurait contribué à la propagation du virus.
La transmission d’Ebola : un défi sanitaire et culturel
Les autorités sanitaires s’efforcent de retracer la chaîne de transmission et d’identifier les cas contacts. Cependant, les rites funéraires, souvent prolongés et impliquant un contact direct avec les défunts, favorisent la propagation du virus. Les équipes médicales, malgré les obstacles, organisent des enterrements sécurisés, conformes aux protocoles sanitaires, pour limiter les risques de contamination.
En République démocratique du Congo comme ailleurs en Afrique, ces cérémonies traditionnelles, qui durent plusieurs jours, exposent les proches au virus lors des contacts avec les corps des victimes.
Un contexte de violences armées qui complique la riposte
Les violences perpétrées par des groupes armés ajoutent une couche de complexité à la gestion de l’épidémie. Plusieurs centres de santé ont été la cible d’incidents violents, notamment lorsque des familles ont tenté de récupérer les dépouilles de leurs proches. Le Haut-Uélé, comme l’Ituri, est une zone riche en ressources naturelles, notamment en or, ce qui en fait un territoire de transit et d’échanges intense — un facteur aggravant pour la propagation des maladies infectieuses.
Les ADF, groupe armé affilié à l’État islamique, ont récemment étendu leurs activités dans le Haut-Uélé, aggravant l’insécurité dans la région. Cette instabilité entrave le déploiement des équipes de riposte, retardant la détection et la prise en charge des cas. Les experts et humanitaires soulignent que les autorités sanitaires ont tardé à réagir, retardant la mise en place des mesures de contrôle.
Selon des enquêtes épidémiologiques en cours, les premiers décès suspects remonteraient à janvier 2026. Bien que les efforts aient été renforcés récemment en Ituri, les structures de santé, déjà fragilisées par des années de conflits et un manque chronique de moyens, peinent à faire face. Le pays, parmi les plus pauvres au monde, manque cruellement d’équipements de base : kits de protection, chlore et autres matériels essentiels pour endiguer l’épidémie.
- Des centres de traitement saturés : Les structures dédiées à la prise en charge des patients atteints d’Ebola affichent un taux d’occupation dépassant 138 %, selon l’Institut national de santé publique. À ce jour, 78 soignants ont été infectés, dont 18 sont décédés.
Les experts et les autorités sanitaires s’accordent sur un point : six semaines après la déclaration officielle de l’épidémie, le pic n’est pas encore atteint. La crise pourrait durer entre six mois et un an. Le virus Ebola, qui se transmet par contact avec les fluides corporels, a déjà causé plus de 15 000 morts en Afrique au cours des 50 dernières années.
La plus meurtrière des épidémies d’Ebola en République démocratique du Congo, entre 2018 et 2020, avait enregistré près de 2 300 décès pour 3 500 cas confirmés.
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