4 juin 2026

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Drépanocytose au Niger : comment le dépistage sauve des vies

Une maladie silencieuse qui frappe le Niger : la drépanocytose

Chaque année, des milliers de nouveau-nés au Niger sont diagnostiqués avec la drépanocytose, une maladie génétique douloureuse et souvent méconnue. Cette affection, transmise lorsque les deux parents sont porteurs du gène défectueux, touche des familles entières, souvent dans l’ignorance totale de leur situation. Pourtant, des solutions existent pour briser ce silence et offrir une vie meilleure aux enfants concernés.

Un combat quotidien pour les familles nigériennes

Le témoignage de la directrice du Centre National de Référence de la Drépanocytose (CNRD) à Niamey, le médecin-colonel Mariam Boureima Djibo, illustre l’ampleur de la crise. « Une histoire m’a particulièrement marquée : celle d’un parent, contraint par la précarité, qui a dû abandonner son enfant atteint de drépanocytose au centre faute de moyens pour acheter les médicaments nécessaires », explique-t-elle. Ce récit poignant révèle les défis immenses auxquels sont confrontées les familles nigériennes face à cette maladie.

La drépanocytose, lorsqu’elle n’est pas prise en charge rapidement, entraîne des complications graves et souvent mortelles. Pourtant, des initiatives concrètes émergent pour inverser cette tendance et offrir un avenir plus serein aux patients.

Le dépistage : une arme puissante contre la transmission

La prévention reste le meilleur remède. Le CNRD mise sur le dépistage prénuptial et néonatal pour identifier les couples à risque et les nouveau-nés atteints. Grâce à un programme pilote lancé à la Maternité Issaka Gazobi, des centaines d’enfants ont pu bénéficier d’une prise en charge précoce, améliorant significativement leur qualité de vie.

Comme le souligne Dr Marie Ousseini, pédiatre engagée dans ce projet : « Détecter la drépanocytose dès les premiers jours de vie, c’est offrir à ces enfants une chance de grandir avec moins de souffrance et plus d’espoir ». Ce dépistage s’accompagne d’un suivi médical rigoureux, d’une éducation thérapeutique et d’un soutien psychosocial pour les familles.

Les avancées clés du CNRD

Sous la direction de la Dre Mariam Boureima Djibo, le CNRD a réalisé des progrès remarquables :

  • Création d’une salle de soins intensifs dédiée aux urgences drépanocytaires ;
  • Recrutement de spécialistes (psychologues, épidémiologistes, réanimateurs) ;
  • Acquisition d’équipements médicaux de pointe ;
  • Sensibilisation accrue et dépistage gratuit de plus de 2 000 jeunes en 2024 ;
  • Renforcement de l’accompagnement psychosocial pour les familles vulnérables.

Des projets ambitieux pour l’avenir

Le Niger ne compte pas s’arrêter là. Parmi les initiatives prévues :

  • Extension du dépistage prénuptial à toutes les régions ;
  • Amélioration du système d’information sanitaire ;
  • Intégration de la drépanocytose dans les politiques nationales de santé ;
  • Construction d’un nouveau centre spécialisé à Niamey ;
  • Organisation annuelle de la Journée mondiale de lutte contre la drépanocytose.

Un soutien international crucial

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) joue un rôle clé dans cette lutte. Lors de la Journée mondiale de la drépanocytose en 2024, l’OMS a remis un important lot de médicaments et consommables au CNRD, renforçant ainsi la prise en charge des patients. « Ce don a été une bouée de sauvetage pour de nombreuses familles », témoigne Mme Asmaou Salifou, mère de huit enfants dont trois drépanocytaires.

Le Représentant intérimaire de l’OMS au Niger, Dr Casimir Manengu, a également souligné l’importance de décentraliser le centre pour toucher davantage de patients sur tout le territoire. L’OMS s’engage également à soutenir la mobilisation de partenaires techniques et financiers, ainsi que la réalisation d’études scientifiques pour mieux cibler les actions.

Comment chacun peut contribuer à cette lutte ?

La drépanocytose n’est pas une fatalité. Pour éradiquer cette maladie, plusieurs leviers doivent être activés :

  • Dépistage prénuptial : une analyse sanguine avant le mariage peut sauver des vies ;
  • Sensibilisation communautaire : informer les parents et les jeunes sur les risques et les solutions ;
  • Politiques de santé inclusives : garantir l’accès aux soins pour tous, indépendamment des moyens financiers ;
  • Collaboration entre acteurs : médecins, associations, décideurs et partenaires internationaux doivent travailler main dans la main.

Le Niger montre la voie en combinant prévention, innovation et solidarité. En renforçant ces efforts, le pays peut espérer réduire significativement l’impact de la drépanocytose et offrir un avenir plus sain à ses citoyens.