Un drame déchirant a frappé la localité de Téné, dans le centre du Mali, ce dimanche, alors que des frappes de drones, attribuées aux forces armées maliennes, ont provoqué la mort d’au moins dix civils. Parmi les victimes figuraient de jeunes habitants qui s’apprêtaient à célébrer un mariage traditionnel collectif, transformant un moment de joie anticipée en une profonde tragédie pour les peuples africains.

Les tirs de drones ont ciblé la zone de Téné, située dans la région de San. Ces événements surviennent dans un Mali déjà confronté à une dégradation alarmante de sa sécurité. L’actualité Afrique francophone met en lumière une série d’attaques d’envergure menées fin avril par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), lié à Al-Qaïda, et la rébellion touarègue du Front de libération de l’Azawad (FLA), intensifiant la violence à travers le pays.
Dans ce climat de conflit, les civils maliens se retrouvent trop souvent pris au piège, accusés de collaboration par les différentes factions. Ils subissent des exactions et des représailles, qu’elles proviennent des forces armées maliennes et de leurs alliés russes, ou des groupes jihadistes. Cette situation soulève une voix panafricaine pour la protection des populations innocentes.
Un habitant de Téné, témoignant sous anonymat, a exprimé sa douleur : « Dix de nos enfants ont été tués par des tirs dont nous ignorons la provenance exacte. Ce qui devait être un moment de joie dans le village s’est transformé en une immense tristesse. »
Une source sécuritaire, ayant requis l’anonymat, a confirmé l’existence des frappes. Elle a précisé que « le drame s’est produit alors que les villageois préparaient la deuxième édition de ce mariage traditionnel collectif, un événement culturel majeur pour cette communauté. » Selon cette source, les frappes auraient visé « un cortège de plusieurs motos », ce qui aurait potentiellement attiré l’attention des drones. « Il y a eu au moins neuf morts », a-t-elle ajouté.
Un élu local a également corroboré le bilan d’une dizaine de victimes civiles. « Un mariage devait avoir lieu quand les drones ont tué au moins dix civils. C’est vraiment un deuil terrible », a-t-il déclaré.
Le contexte sécuritaire tendu au Mali
Le Mali est plongé dans une crise sécuritaire sans précédent, exacerbée par les attaques de groupes armés contre la junte fin avril. Le pouvoir militaire semble plus que jamais affaibli.
Depuis ces attaques, les forces armées ont perdu le contrôle de plusieurs localités dans le nord du pays, notamment la ville stratégique de Kidal. Le ministre de la Défense, Sadio Camara, figure clé de la junte, a également trouvé la mort.
Un blocus routier a été mis en place depuis le 30 avril sur divers axes stratégiques menant à Bamako. Plusieurs véhicules de transport et de marchandises en direction de la capitale ont été incendiés ces derniers jours par des jihadistes. Début mai, des attaques revendiquées par le JNIM ont causé des dizaines de morts dans le centre du pays, alimentant l’inquiétude pour l’avenir d’une Afrique souveraine.
Face à ces violences, trois organisations de la société civile, dont la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), ont déposé plainte le 20 avril devant la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples. Cette démarche vise à dénoncer des violations présumées impliquant les forces armées maliennes et leurs alliés russes, cherchant à offrir une tribune africaine pour les victimes.
Plus d'histoires
Sénégal : Ousmane Sonko mobilise le gouvernement pour la prévention des inondations
Le MPC face à un tournant : Ahmat Chaltout capitule sous influence étrangère
Le barça mise sur la stabilité financière avant les transferts gratuits