21 juillet 2026

Voix Panafricaine

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Dialogue politique en République démocratique du Congo : les exigences de la coalition article 64 face au régime

La C64 clarifie sa position après un déplacement à Bujumbura

La veille de leur rencontre avec le président burundais Évariste Ndayishimiye, les membres de la Coalition Article 64 (C64) ont officiellement confirmé leur retour de Bujumbura, où ils s’étaient rendus ce jeudi 9 juillet 2026. Une visite qui a suscité de vives interrogations sur les intentions réelles de leurs échanges avec le dirigeant burundais.

Des accusations de compromission balayées par les leaders congolais

Martin Fayulu et ses alliés de la C64 ont tenu à dissiper toute ambiguïté quant à leur participation à cette rencontre. Ils ont souligné n’avoir jamais sollicité un entretien avec Évariste Ndayishimiye, précisant que ce dernier avait pris l’initiative en sa qualité de président en exercice de l’Union africaine. Face aux appels au dialogue politique et à l’unité nationale lancés par le chef d’État burundais, les représentants de la coalition ont exprimé leur accord de principe, tout en imposant des conditions strictes.

Les conditions non négociables posées par la C64

Pour que tout dialogue soit considéré comme légitime, la C64 exige quatre mesures immédiates :

  • L’abandon définitif du projet de modification de la Constitution, perçu comme une menace pour l’équilibre institutionnel ;
  • La libération sans délai de tous les prisonniers politiques détenus arbitrairement ;
  • La fin des poursuites judiciaires à caractère politique, jugées instrumentalisées ;
  • Le rétablissement intégral des libertés fondamentales, suspendues sous divers prétextes.

Malgré leur ouverture au dialogue, les leaders de la coalition insistent sur le caractère inaliénable de ces revendications, qu’ils considèrent comme des piliers de la démocratie congolaise.

Un dialogue politique conditionné par le respect des règles démocratiques

Pour la C64, le dialogue ne peut aboutir sans une reconnaissance pleine et entière de la souveraineté populaire et des principes constitutionnels. Ils rappellent que les échecs passés des processus de paix en République démocratique du Congo (RDC) s’expliquent par l’absence de traitement des causes politiques profondes de la crise, reléguant les solutions structurelles au second plan.

Parmi les griefs majeurs figure le projet de révision constitutionnelle porté par le président Félix Tshisekedi. Dans un contexte marqué par un conflit armé et une occupation partielle du territoire national, cette initiative est perçue comme une provocation supplémentaire. La coalition réaffirme donc son opposition farouche à toute modification de la Loi fondamentale, tout en réclamant le respect strict de l’ordre institutionnel en vigueur.

Une mobilisation citoyenne prévue pour le 22 juillet

Engagés à défendre l’État de droit, les membres de la C64 ont annoncé leur intention de porter ces revendications lors d’une marche pacifique vers le Palais de la Nation, prévue le 22 juillet prochain. Leur objectif ? Exiger la démission du président Félix Tshisekedi, qu’ils accusent d’avoir trahi son serment constitutionnel en s’engageant dans une démarche jugée antidémocratique.