13 mai 2026

Crise humanitaire au Mali : blocus jihadiste et refus de négociation

crise humanitaire au Mali : blocus jihadiste et refus de négociation

Au Mali, la situation humanitaire se dégrade rapidement alors que des groupes armés imposent un blocus dans plusieurs régions du pays. Face à cette crise, les autorités maliennes maintiennent une position ferme : aucun dialogue avec les groupes qualifiés de « terroristes » ne sera engagé, selon les déclarations du ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop.

Cette posture intransigeante intervient alors que la population subit les conséquences dramatiques de ces restrictions. Les routes, autrefois empruntées pour le transport de marchandises et de vivres, sont désormais obstruées, plongeant des centaines de milliers de Maliens dans une précarité extrême.

Mali : blocus et famine

une stratégie militaire renforcée malgré l’urgence humanitaire

Le gouvernement malien mise sur une réponse militaire pour reprendre le contrôle des zones occupées, notamment dans le Nord du pays. Les forces armées, soutenues par des mercenaires russes, ont récemment renforcé leur présence à Aguelok, une localité stratégique située dans la région de Kidal. L’objectif affiché est de libérer les axes routiers et de rétablir la circulation des biens essentiels.

Cependant, cette approche suscite des interrogations quant à son impact sur la population civile, déjà en proie à des difficultés croissantes. Les blocus imposés par les jihadistes, en particulier dans la région de Mopti, ont des répercussions dramatiques sur l’accès aux soins et aux denrées alimentaires.

Diafarabé sous blocus : une population au bord de la famine

Depuis mai 2025, la ville de Diafarabé, située dans la région de Mopti, est soumise à un blocus strict imposé par le groupe Jnim. Les habitants, coupés du reste du pays, font face à une pénurie généralisée de vivres et de médicaments. Malgré une vidéo relayée sur les réseaux sociaux appelant à l’aide, aucune solution concrète n’a encore été apportée par les autorités.

Un habitant de Diafarabé témoigne de l’urgence de la situation :

« Personne ne rentre, personne ne sort. Le blocus est total. Tout ce que nous avions comme vivres est épuisé. C’est la famine qui s’installe. Nous avons échangé avec les responsables du détachement militaire. Ils nous ont promis de nous envoyer des vivres par un convoi prochainement, mais nous attendons toujours. Notre seul souhait, c’est d’avoir à manger. C’est tout ce que nous voulons pour l’instant. »

Les tentatives pour contourner le blocus, comme l’acheminement de vivres par voie fluviale, restent risquées et insuffisantes pour répondre aux besoins de la population.

le gouvernement malien campe sur ses positions

Le refus de négocier avec les groupes armés, qualifié de « sans foi ni loi » par Abdoulaye Diop, s’accompagne d’un renforcement des moyens militaires. Le pays a récemment reçu de nouveaux équipements en provenance de Russie, selon des informations rapportées par notre correspondant régional, Serge Daniel. Cette stratégie vise à reprendre le contrôle de villes clés comme Kidal, actuellement sous l’emprise des jihadistes.

Alors que la pression internationale s’accentue, le gouvernement malien reste déterminé à privilégier l’option militaire pour résoudre la crise. Cependant, les conséquences humanitaires de cette approche soulèvent des inquiétudes quant à l’avenir des populations civiles prises en étau entre les différents acteurs du conflit.