Au Sahel, un habitant sur cinq confronté à la faim en 2025
Les dernières données sur la sécurité alimentaire et la nutrition au Sahel dessinent un tableau alarmant pour 2025. Une personne sur cinq dans cette région d’Afrique de l’Ouest souffre désormais de la faim. Cette situation s’aggrave depuis quinze ans, avec des chiffres en constante augmentation.
Fanta Touré Diop, représentante régionale de l’ONG Action contre la Faim pour l’Afrique de l’Ouest et centrale, alerte sur l’urgence d’une mobilisation collective pour le Nord du Mali, l’une des zones les plus affectées.
Une crise alimentaire aggravée par l’insécurité et le climat
Pour comprendre l’ampleur de cette crise, plusieurs facteurs entrent en jeu. Le Sahel, et notamment le Mali, le Burkina et le Niger, subissent des conflits armés persistants qui limitent l’accès des populations aux ressources vitales. Ces violences ont engendré des déplacements massifs de populations, fragilisant encore davantage leur situation.
À cela s’ajoute l’impact du changement climatique, qui perturbe les cycles agricoles et aggrave l’insécurité alimentaire. Les récoltes, déjà fragilisées par les perturbations climatiques, sont en outre menacées par l’instabilité sécuritaire.
Autre obstacle majeur : la baisse des financements dédiés aux programmes d’aide humanitaire. Les ressources disponibles ne suffisent plus à répondre aux besoins croissants des populations, laissant des millions de personnes sans assistance.
Le Nord du Mali, épicentre de la crise
Le Mali, et plus particulièrement sa région septentrionale, concentre les défis les plus critiques. Les conflits y sont particulièrement intenses, poussant des milliers de familles à fuir vers le sud du pays, notamment à Bamako ou à Sikasso. Cette migration forcée contribue à une pression accrue sur les ressources locales et à une hausse des besoins en matière d’aide alimentaire.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : l’insécurité alimentaire et nutritionnelle touche désormais une part croissante de la population malienne. Face à cette situation, la coordination entre les autorités locales, les organisations internationales et la société civile devient indispensable pour apporter des solutions durables.
Des solutions à court et long terme
Interrogée sur les mesures prioritaires, Fanta Touré Diop souligne l’importance d’un leadership politique fort. Selon elle, les gouvernants doivent placer la lutte contre l’insécurité alimentaire au cœur de leurs priorités. Une planification rigoureuse, basée sur des données fiables, est essentielle pour cibler efficacement les populations les plus vulnérables.
La représentante d’Action contre la Faim insiste également sur la nécessité de renforcer la résilience des communautés. Au-delà de l’aide d’urgence, il est crucial de développer des programmes de développement durable qui permettent aux populations de subvenir à leurs besoins à long terme.
Un financement insuffisant pour répondre à l’urgence
La crise actuelle est aggravée par un manque criant de ressources. En Afrique de l’Ouest et centrale, 57 millions de personnes sont en insécurité alimentaire, dont 24,3 millions au Sahel. Pourtant, seulement 21 % du budget nécessaire, estimé à 3,7 milliards de dollars, a été mobilisé. Cette carence expose des millions d’enfants et de femmes à la malnutrition.
Les réductions de financements internationaux, notamment ceux alloués par les États-Unis, ont un impact direct sur la capacité des ONG à intervenir. Sans ressources supplémentaires, la situation risque de s’aggraver encore, avec des conséquences dramatiques pour les populations les plus fragiles.
Un appel à l’action collective
Face à l’ampleur de la crise, Fanta Touré Diop plaide pour une mobilisation régionale. Les gouvernants africains doivent prendre des mesures politiques audacieuses pour inverser la tendance. La collaboration entre les États, les organisations internationales et les acteurs locaux est la clé pour garantir une réponse efficace et durable.
La crise alimentaire au Sahel n’est pas une fatalité. Avec une volonté politique forte et des ressources suffisantes, il est encore possible d’éviter une catastrophe humanitaire de grande ampleur.
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