4 juin 2026

Voix Panafricaine

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Côte d’Ivoire : l’impact d’el nino sur la campagne cacaoyère 2027

La dynamique exceptionnelle observée en début de campagne d’exportation de cacao en Côte d’Ivoire, avec plus d’un million de tonnes déjà commercialisées pour la récolte 2026-27, pourrait être perturbée par l’arrivée du phénomène climatique El Niño dès le mois de juillet. Cette inquiétude est partagée par les acteurs de la filière et les négociants en matières premières agricoles. Face à cette situation, le Conseil du Café et du Cacao (CCC), basé à Abidjan, a d’ailleurs ajusté sa prime sur les ventes supplémentaires, passant de zéro à 135 dollars par tonne au-dessus du prix à terme, selon les observateurs du secteur.

Un marché en tension et des perspectives optimistes

Les indicateurs actuels reflètent une demande soutenue et un marché qui devrait se tendre davantage avec l’ouverture de la nouvelle saison cacaoyère le 1er septembre. « Entre 950 000 et un million de tonnes ont déjà été vendues pour la prochaine campagne, mais nous avons choisi de modérer notre rythme pour adopter une approche plus mesurée », confie un responsable du Conseil du Café et du Cacao.

Les opérateurs spécialisés en négoce du cacao anticipent une exportation comprise entre 1,1 et 1,2 million de tonnes, tout en justifiant l’augmentation de la prime imposée par le CCC : « Les conditions actuelles du marché autorisent une posture plus ferme. Le Conseil n’a nul besoin de réduire sa prime pour conclure des contrats », explique un dirigeant d’une société de trading cacaoyer.

El Niño, une menace climatique à surveiller

Cette embellie sur le plan commercial pourrait cependant être freinée par l’arrivée d’El Niño, un phénomène météorologique qui risque de provoquer des périodes de sécheresse chez les principaux producteurs africains de cacao, dont la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Cameroun et le Nigeria. Ces conditions climatiques défavorables pourraient impacter directement les récoltes et, par ricochet, les volumes exportés.

Les défis structurels de la filière cacaoyère ivoirienne

Pourtant, certains exportateurs estiment que les risques liés à El Niño ne sont pas les plus préoccupants. Selon eux, les principaux défis résident dans l’entretien insuffisant des plantations et la hausse des coûts des engrais et des produits phytosanitaires. « Je ne perçois pas El Niño comme une menace majeure pour la production. Le vrai danger vient de la pénurie d’intrants agricoles et de la vétusté des exploitations », souligne le directeur d’une entreprise d’exportation basée à Abidjan.