4 juin 2026

Voix Panafricaine

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Côte d’Ivoire : les syndicats de journalistes dénoncent une ingérence politique

Le 20 février, un collectif s’étant prévalu du respect des textes a obtenu du juge des référés la suspension du Congrès ordinaire de l’UNJCI, qui devait permettre le renouvellement des instances dirigeantes. Face à cette décision, l’UNJCI a immédiatement interjeté appel.

Avec l’échéance du mandat des instances fixée au 26 février, un Congrès extraordinaire a été organisé en urgence le 25 février. Les congressistes, conformément aux statuts de l’organisation, ont adopté à une large majorité la prorogation des mandats jusqu’à la tenue effective du Congrès ordinaire, évitant ainsi toute rupture institutionnelle.

Cependant, des tensions ont éclaté après ce vote, révélant un climat de vive opposition.

Jean Claude Coulibaly, président de l’UNJCI, a tenu à préciser : « Nous avons pris acte de la suspension de notre 12ᵉ Congrès ordinaire par la justice, tout en contestant cette décision. Il était impensable de laisser s’installer un vide statutaire qui aurait affaibli notre organisation. La prorogation adoptée en Congrès extraordinaire relève d’un impératif de responsabilité et de continuité. L’UNJCI incarne la voix unie des journalistes ivoiriens : elle ne saurait être fragilisée ni placée sous tutelle. »

Omar Faruk Osman, président de la FAJ, a ajouté : « Empêcher un syndicat de se réunir pour renouveler ses instances, puis tenter d’exploiter cette situation pour instaurer un vide institutionnel, constitue une violation grave de la liberté syndicale. Cela va à l’encontre des engagements africains et internationaux de la Côte d’Ivoire. Aucune autorité politique ne peut imposer ou influencer le choix des dirigeants d’une organisation de journalistes. »

Anthony Bellanger, secrétaire général de la FIJ, a conclu : « Cette situation représente une atteinte majeure à la liberté d’association ainsi qu’une ingérence manifeste dans les affaires internes d’un syndicat. La FIJ, aux côtés de la FAJ, engagera des recours auprès des instances africaines et internationales compétentes, dont l’Organisation internationale du travail, afin de déposer une plainte officielle contre le gouvernement ivoirien pour les abus constatés. L’autonomie syndicale, protégée par le droit international, ne souffre d’aucune exception. »

Les deux syndicats appellent les autorités ivoiriennes à respecter pleinement l’indépendance de l’UNJCI, à assurer la protection de ses membres et à garantir la tenue du Congrès ordinaire dans un cadre serein, transparent et conforme aux règles démocratiques.