3 août 2026

Voix Panafricaine

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Corridor routier Cameroun-Centrafrique : un investissement majeur pour booster les échanges

Corridor routier Douala-Bangui : un financement historique pour dynamiser l’économie régionale

Un ambitieux projet d’infrastructure prend forme en Afrique centrale. La Banque mondiale vient d’annoncer un financement de 425 millions de dollars pour moderniser le corridor routier reliant Douala au Cameroun et Bangui en République centrafricaine. Ce tronçon stratégique, long de 800 km, sera réhabilité dès l’année prochaine, avec des retombées économiques majeures pour toute la sous-région.

Des camions en attente sur la route principale reliant Bangui en République centrafricaine à Douala, au Cameroun (image d'illustration).

Ce projet phare, qui s’étendra sur plusieurs années, vise à fluidifier les échanges commerciaux entre le Cameroun et la République centrafricaine. Il répond à une nécessité criante : 80 % des marchandises transitant vers la RCA et 70 % vers le Tchad empruntent aujourd’hui cet axe, bien souvent dans un état déplorable. Les délais de transport, actuellement de 9 à 12 jours pour relier Douala à Bangui, devraient être drastiquement réduits grâce à ces travaux.

Des innovations majeures pour un transport plus fluide

Au cœur de cette modernisation, des dispositifs automatisés de contrôle et de pesage des véhicules seront installés. Donnat Takueté, directeur général des études au ministère des Travaux publics camerounais, explique : « Un système de présélection sera mis en place sur la voie. Seuls les véhicules suspectés de surcharge seront dirigés vers des stations de pesage automatiques. Les amendes, le cas échéant, seront enregistrées et un reçu imprimé instantanément ». Une avancée technologique qui devrait limiter les tracasseries administratives et accélérer le transit des marchandises.

Les 17 postes de contrôle informels qui jalonnent actuellement l’itinéraire seront également réorganisés, réduisant ainsi les goulots d’étranglement et les retards inutiles. Une première phase de financement, pilotée par la Banque mondiale, se concentre prioritairement sur le Cameroun, avec un investissement de 425 millions de dollars. La République centrafricaine bénéficiera quant à elle de 90 millions de dollars, tandis qu’un appui régional sera alloué à la Cemac pour préparer les prochaines étapes du projet.

Un impact économique et social à grande échelle

Les travaux prévus au Cameroun incluent la reconstruction complète de certains tronçons et la réhabilitation d’autres. Emmanuel Nganou Djoumessi, ministre des Travaux publics, détaille les priorités : « La route Yaoundé-Douala (215 km) sera entièrement reconstruite, tout comme les sections Yaoundé-Bonis-Ayos (332 km) et Bonis-Bertoua. L’objectif est de moderniser 800 km de routes pour répondre aux exigences d’une économie en plein essor ».

Ce projet, qui s’étalera sur plusieurs années, générera entre 2 000 et 4 000 emplois directs et indirects. Une manne précieuse pour les populations locales et une opportunité pour dynamiser les économies camerounaise et centrafricaine. En améliorant la connectivité entre Douala et Bangui, ce corridor routier renforcera aussi les liens commerciaux avec les pays voisins, comme le Tchad, et contribuera à la stabilité économique de toute la sous-région.