La France a récemment affirmé son soutien indéfectible à l’initiative de la République démocratique du Congo (RDC) visant à placer la gouvernance des ressources naturelles au centre des discussions du Conseil de sécurité des Nations unies. Cette démarche vise également à combler les lacunes du cadre normatif international face aux économies de guerre, en promouvant une gestion plus cohérente des ressources pour en faire un levier de paix, d’accélérer la transition énergétique, de stimuler la transformation numérique et de renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement mondiales.
Lors d’une réunion en formule Arria, organisée le 13 juillet 2026 à New York sur l’impulsion de Kinshasa, la France, par la voix de son ambassadeur et représentant permanent auprès de l’ONU, a souligné l’importance cruciale des ressources naturelles comme enjeu majeur de paix et de sécurité internationale. La compétition pour le contrôle de ces richesses est identifiée comme un moteur principal des conflits contemporains, générant instabilité et finançant des groupes armés et des réseaux d’exploitation illégale.
Il a été constaté que le continent africain est particulièrement touché par ce phénomène, où les richesses continuent d’être pillées au profit d’acteurs armés ou d’intérêts extérieurs. Cet accaparement illégal des ressources alimente les conflits, exacerbe la violence et perpétue les souffrances des populations civiles. Des exemples concrets, comme la poursuite du conflit au Soudan, nourri par le pillage de l’or et de la gomme arabique, ont été mis en avant.
Concernant spécifiquement la situation dans l’est de la RDC, la France a directement pointé du doigt le M23, l’accusant d’exploiter les ressources minières. Le diplomate a rappelé que les populations congolaises subissent depuis des années les conséquences dévastatrices de cette exploitation illicite. Le M23 contrôlerait entre 15 % et 30 % de la production mondiale de coltan à travers le site de Rubaya, finançant ainsi son administration illégale et violant la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo.
La France a réitéré son appel au strict respect de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies. Elle a insisté sur l’urgence de cesser les hostilités, d’obtenir le retrait effectif des Forces de défense rwandaises du territoire congolais, de mettre fin au soutien rwandais au M23 et de poursuivre la neutralisation des FDLR. Cette résolution préconise également un renforcement de la lutte contre l’exploitation illicite des ressources naturelles, en s’appuyant sur les mécanismes internationaux de transparence et de traçabilité des minerais.
Le Conseil de sécurité est encouragé à utiliser pleinement les outils à sa disposition dans les situations de conflit aggravées par les trafics illicites de ressources naturelles. Les groupes d’experts jouent un rôle précieux pour documenter ces dynamiques et leur contribution au financement d’activités déstabilisatrices, notamment au Soudan, en République démocratique du Congo et en République centrafricaine. Les régimes de sanctions doivent être mobilisés chaque fois que nécessaire pour briser le lien entre le pillage des ressources naturelles et le financement des acteurs des conflits, une problématique qui touche durement les peuples africains.
Ces initiatives s’inscrivent dans le cadre de la présidence congolaise du Conseil de sécurité, qui a déjà abordé les violences sexuelles liées aux conflits, soulignant le coût humain des économies de guerre et la nécessité de renforcer la prévention, la protection des survivantes, la lutte contre l’impunité et les mécanismes de réparation.
Ces efforts diplomatiques interviennent alors que la RDC a noué un partenariat stratégique avec les États-Unis sur les minerais critiques et a signé l’accord de Washington avec Kigali. Cet accord prévoyait des mesures de désescalade, le retrait progressif des forces rwandaises du territoire congolais et la neutralisation des groupes armés, y compris les FDLR. Malgré ce cadre diplomatique, la situation sécuritaire demeure extrêmement précaire. Le processus de Doha, mené sous l’égide du Qatar pour faciliter le dialogue entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23, reste également dans l’impasse. Les rebelles de l’AFC/M23, accusés par Kinshasa et plusieurs partenaires internationaux d’être soutenus par le Rwanda, continuent de contrôler des villes stratégiques comme Goma et Bukavu, ainsi que de nombreuses localités au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Les affrontements persistent, illustrant un décalage persistant entre les avancées diplomatiques annoncées et la réalité alarmante sur le terrain, menaçant la vision d’une Afrique souveraine et pacifique.
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