10 août 2026

Voix Panafricaine

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Chefs traditionnels au Bénin : leur rôle renforcé, mais la méfiance envers leur implication politique grandit

Au Bénin, les chefs traditionnels incarnent bien plus que des figures historiques : ils sont les gardiens d’un héritage culturel et moral, reconnus par l’État comme des piliers de l’identité nationale. Leur légitimité, ancrée dans les traditions locales, en fait des acteurs incontournables de la cohésion sociale et de la résolution des conflits.

Face à cette reconnaissance, le législateur béninois a encadré leur statut par la Loi n°2025-09 du 3 avril 2025, qui officialise la chefferie traditionnelle. Ce texte définit 16 royaumes et 90 chefferies, leur offrant une base légale tout en mettant en avant leur contribution au développement local, à la préservation des cultures et à la stabilité des communautés. Une avancée majeure pour structurer un rôle déjà ancré dans le paysage institutionnel.

Un équilibre fragile entre tradition et politique

Malgré leur ancrage dans la société, les chefs traditionnels sont souvent sollicités par les formations politiques, parfois pour influencer les choix électoraux. Des pratiques qui ont poussé les autorités à interdire leur participation active à la vie partisane, afin de préserver leur neutralité et leur intégrité.

Selon les dernières données disponibles, près d’un quart des Béninois ont eu recours à eux au cours de l’année écoulée. Une majorité de citoyens leur accordent leur confiance et saluent leur influence sur la gouvernance locale. Une reconnaissance qui se double d’un souhait : que cette influence s’étende davantage, tout en maintenant une distance salutaire avec les arènes politiques.

La corruption, un frein à la confiance des populations

Cependant, cette image positive se fissure sous le poids des suspicions. Trois quarts des sondés estiment que certains chefs traditionnels sont mêlés à des affaires de corruption, une perception en nette augmentation depuis 2022. Le recul de la confiance envers ces autorités traditionnelles, déjà observable depuis 2020, reflète une défiance croissante.

Pour une grande partie de la population, l’essentiel est clair : les chefs traditionnels doivent rester en dehors de l’arène politique. Leur rôle doit se limiter à celui de médiateurs et de gardiens des valeurs communautaires, sans interférence dans les choix électoraux des citoyens.