Une candidature commune pour un événement continental
Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont présenté une candidature conjointe pour organiser la Coupe d’Afrique des nations (CAN) en 2032. Portée par l’Alliance des États du Sahel (AES), cette initiative ambitionne de symboliser l’intégration et la coopération entre ces trois nations. Pourtant, au-delà de l’aspect symbolique, cette candidature interroge : ces pays disposent-ils des moyens nécessaires pour garantir la sécurité d’un événement de cette envergure ?
La sécurité, pierre angulaire d’une organisation réussie
Organiser une CAN ne se limite pas à la construction ou à la rénovation d’infrastructures sportives. L’élément central reste la capacité à assurer la protection des athlètes, des officiels, des journalistes, des supporters et des visiteurs internationaux. Or, dans un contexte marqué par une insécurité persistante, cette exigence semble difficile à satisfaire.
Depuis les changements politiques survenus dans ces trois pays, les nouvelles autorités ont insisté sur leur volonté de rétablir la sécurité et de reprendre le contrôle des zones troublées. Pourtant, malgré ces promesses, les attaques contre les civils, les forces de l’ordre et les infrastructures continuent de se multiplier. De nombreuses régions restent sous l’emprise de groupes armés, rendant les déplacements et l’accès aux services essentiels dangereux pour les populations locales.
Des défis logistiques et économiques colossaux
Au-delà de la sécurité, l’organisation d’une CAN exige des infrastructures adaptées : routes et aéroports fonctionnels, hébergements en nombre suffisant, capacités médicales renforcées et un système de sécurité fiable. Ces besoins représentent un investissement considérable, d’autant que les trois pays consacrent déjà une part majeure de leurs ressources à la lutte contre l’insécurité.
La crédibilité de cette candidature dépendra également de la capacité à rassurer les partenaires internationaux. Fédérations, sponsors et diffuseurs privilégient les environnements stables pour minimiser les risques liés à l’événement. Toute persistance de violences ou d’incertitudes pourrait compromettre l’évaluation finale de cette candidature.
Un débat sur les priorités nationales
Pour une grande partie de la population, la priorité reste la sécurité au quotidien. Les coups d’État qui ont porté les régimes militaires au pouvoir étaient justifiés par la promesse d’une meilleure efficacité dans la lutte contre le terrorisme. Pourtant, plusieurs années après ces changements, les résultats concrets peinent à se matérialiser. Les difficultés sécuritaires alimentent les doutes quant à l’efficacité réelle de ces transitions politiques.
Dans ce contexte, certains observateurs estiment que l’organisation de la CAN 2032 ne devrait pas figurer parmi les priorités immédiates de ces États. Avant de vouloir accueillir des milliers de touristes et de délégations, il serait essentiel de démontrer que les citoyens eux-mêmes peuvent circuler et vivre en sécurité sur l’ensemble du territoire.
Une candidature comme levier de développement ?
Une CAN peut représenter un projet fédérateur et un catalyseur de développement pour les pays hôtes. Cependant, sa réussite dépendra avant tout de la capacité à restaurer durablement la sécurité, à consolider les institutions et à instaurer un climat de confiance. Tant que ces défis majeurs ne seront pas relevés, l’ambition d’accueillir une telle compétition continuera de susciter des interrogations.
En définitive, la candidature des trois pays membres de l’AES ne sera crédible que si elle s’accompagne de résultats tangibles en matière de sécurité et de stabilité. Sans cela, elle risquerait de passer pour un objectif déconnecté des réalités vécues par les populations.
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