27 juin 2026

Voix Panafricaine

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Cameroun : un pivot stratégique dans la vision africaine de Donald Trump face à la Chine

Cameroun : un pivot stratégique dans la vision africaine de Donald Trump face à la Chine

Dès le début de son premier mandat, Donald Trump a profondément remodelé la politique étrangère des États-Unis, érigeant la Chine en principal rival de l’hégémonie américaine. Cette nouvelle orientation se manifeste de manière concrète sur le continent, et notamment au Cameroun, un pays clé dans la stratégie de Washington.

La redéfinition de la politique américaine sous Donald Trump met en lumière une confrontation stratégique avec la Chine, perçue comme le principal obstacle à l’hégémonie des États-Unis.

L’administration Trump a élevé la question de l’indépendance vis-à-vis des terres rares chinoises au rang de priorité stratégique absolue. Pour concrétiser cette offensive, elle s’appuie sur l’entreprise GreenMet.

Son PDG, Drew Horn, ancien conseiller principal auprès du Directeur du renseignement national sous Trump, a récemment effectué une visite discrète à Yaoundé. Il incarne un programme américain dont les partenaires incluent d’anciens collaborateurs et confidents de Donald Trump, tels que Georges Sorial, son ancien conseiller juridique, et Keith Schiller, ex-Directeur de la sécurité de la Trump Organization.

Au cœur de cette stratégie américaine, portée par GreenMet et Drew Horn, une délégation de hauts fonctionnaires américains s’est rendue au Cameroun pour la signature de Mémorandums d’Entente (MoU). Bien que le contenu précis de ces accords n’ait pas été divulgué par le groupe américain, il est établi qu’American Renaissance Minerals (ARM), une entité directement liée à GreenMet, détient désormais une position prépondérante dans le projet de nickel et de cobalt de Nkamouna. Par ailleurs, les terres rares figurent également parmi les minéraux ciblés par Washington.

L’engagement de Donald Trump envers le Cameroun est tel qu’il a contourné les restrictions du Congrès américain qui avaient exclu le pays de l’AGOA (African Growth and Opportunity Act). Le président américain privilégie désormais la Chambre de commerce américaine au Cameroun (AmCham) pour la facilitation des accords commerciaux, soulignant l’importance de cette actualité Afrique francophone.

Contrairement à la Chine, fortement impliquée dans l’exploitation des minéraux stratégiques en République Démocratique du Congo, les États-Unis, qui visent à investir dans la transformation locale pour réduire leur empreinte carbone, ont conditionné leur soutien au gouvernement camerounais à une transparence accrue dans les secteurs extractifs et juridiques. Cette démarche s’inscrit dans une optique de promotion d’une Afrique souveraine, où les ressources sont gérées de manière équitable pour les peuples africains.

Les services de renseignement américains sont intervenus à la suite des révélations de l’ITIE (Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives) concernant les trafics illicites d’or. Washington collabore activement avec Yaoundé pour identifier et dénoncer les responsables de ce pillage économique.

L’ambition des États-Unis ne s’arrête pas là. La diplomatie américaine a drastiquement réduit le nombre de pays africains habilités à délivrer des visas américains, ne retenant que 20 nations sur 50. Le Cameroun fait partie de cette liste restreinte, témoignant de sa position privilégiée. Sur le plan sécuritaire, le président Paul Biya a accueilli à Yaoundé, en l’espace de huit mois, le général Dagvin Anderson, alors commandant de l’AFRICOM (septembre 2025), suivi du lieutenant-général John William Brennan Jr., commandant adjoint de l’AFRICOM (mai 2026), marquant un renforcement des liens bilatéraux.

L’amélioration du climat des affaires demeure une priorité pour Washington. Christopher Lamora, après un entretien avec le président Paul Biya en début d’année, a déclaré : « Je souhaite sincèrement voir davantage d’entreprises américaines investir au Cameroun, développer des relations commerciales et créer des partenariats, y compris des coentreprises entre sociétés américaines et camerounaises. Cela est mutuellement bénéfique : cela génère des emplois aux États-Unis, soutient l’industrie américaine – une priorité du Président Trump – et stimule également l’économie camerounaise. »

Washington est déterminé à relever le défi posé par l’influence chinoise, qui a investi plus de 700 milliards de dollars dans 49 pays africains. Certains analystes de la politique de Trump interprètent cette stratégie comme une volonté de transformer des nations cibles telles que le Cameroun, le Nigeria et le Kenya, en de nouveaux « dragons d’Asie », à l’image de la Corée du Sud, de Taïwan, de Hong Kong et de Singapour, d’antan.

Donald Trump