3 juin 2026

Voix Panafricaine

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Cameroun : les projets parallèles qui freinent le gouvernement

Le président Paul Biya en conversation avec Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence, accompagné de Samuel Mvondo Ayolo, directeur du cabinet civil, lors d'une réunion à l'aéroport international de Yaoundé en octobre 2024.

Le Cameroun traverse une phase d’attente politique marquée par des projets en coulisses qui paralysent l’avancement du remaniement ministériel. Plusieurs chantiers, officiellement présentés comme prioritaires, retardent désormais les décisions attendues depuis des mois. Les coulisses du pouvoir révèlent une stratégie de temporisation qui s’installe durablement.

Des infrastructures controversées au cœur des tensions

Parmi les dossiers les plus sensibles figure la construction de nouvelles routes dans le Grand Nord. Ce projet, censé désenclaver une région stratégique, accumule retards et surcoûts. Les critiques pointent du doigt des dérives financières et des doutes sur la transparence des appels d’offres. Les responsables locaux dénoncent un manque de communication et des blocages administratifs inexpliqués.

Un autre chantier, celui de la modernisation du port de Douala, concentre également les frustrations. Bien que présenté comme un levier économique majeur, sa réalisation traîne en longueur. Les observateurs s’interrogent : ces retards sont-ils accidentels ou calculés ?

Le rôle trouble des acteurs clés

Au sommet de l’État, Paul Biya, président depuis plus de quatre décennies, semble jouer un rôle central dans cette valse des hésitations. Autour de lui, Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence, incarne une figure discrète mais influente. Son influence sur les dossiers sensibles, notamment ceux liés aux nominations, est souvent évoquée dans les cercles politiques.

Les tensions internes au sein du régime s’accentuent. Certains ministres en place redoutent une purge qui pourrait les écarter, tandis que d’autres misent sur le statu quo pour conserver leurs prérogatives. Cette incertitude alimente les spéculations et paralyse toute dynamique de renouvellement.

Les conséquences sur la gouvernance

Les retards dans le remaniement ministériel n’ont pas que des implications politiques. Ils affectent aussi la crédibilité du gouvernement auprès de l’opinion publique et des partenaires internationaux. Les investisseurs étrangers, déjà prudents, hésitent à s’engager dans un climat où les décisions semblent sans cesse reportées.

Sur le plan social, la population camerounaise subit les conséquences de cette gestion à géométrie variable. Les promesses de réformes peinent à se concrétiser, et les attentes en matière de redistribution des richesses restent insatisfaites. Les tensions communautaires, déjà vives, risquent de s’aggraver si le pouvoir continue d’envoyer des signaux contradictoires.

Que nous réservent les prochaines semaines ?

Plusieurs scénarios se dessinent. Le plus probable consiste en un remaniement minimaliste, où seuls quelques postes seraient redistribués pour donner l’illusion d’un changement. Une autre hypothèse table sur un gel prolongé des nominations, au risque de cristalliser les mécontentements.

Une chose est sûre : l’équilibre du régime camerounais repose désormais sur une stratégie d’évitement. Entre chantiers inachevés et promesses non tenues, le pays semble condamné à une gestion par procrastination, au mépris des urgences économiques et sociales.