14 août 2026

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Cajou en Côte d’Ivoire : un financement inédit pour booster la transformation locale

Cajou : le gouvernement ivoirien lance un mécanisme clé pour sécuriser les usines

Les acteurs de la filière cajou en Côte d’Ivoire célèbrent une avancée majeure avec la signature d’une convention tripartite entre la Banque nationale d’investissement (BNI), le Conseil du Coton et de l’Anacarde (CCA) et les transformateurs nationaux. Cet accord, signé en juin 2026, marque un tournant pour l’industrie locale en garantissant un approvisionnement stable et des financements adaptés aux besoins des usines.

Un engagement fort des autorités pour la transformation locale

Dans une communication officielle adressée aux plus hautes instances de l’État, le Groupement des transformateurs de cajou ivoiriens (GTCI) a exprimé sa profonde reconnaissance envers les institutions publiques. Le président du GTCI, Denis Kouadio, a salué l’implication du Vice-Premier ministre Téné Birahima Ouattara, des ministres du Commerce et de l’Industrie, de l’Économie et des Finances, ainsi que des dirigeants du CCA et de la BNI. Leur collaboration a permis de concrétiser un dispositif financier innovant, essentiel pour soutenir les investissements des opérateurs nationaux.

Ce mécanisme répond à un défi majeur : assurer l’achat des noix brutes et le financement des coûts de transformation, deux postes critiques pour la pérennité des usines. Les transformateurs ivoiriens, qui représentent une capacité de 100 000 tonnes de noix brutes, avaient jusqu’ici dû faire face à des contraintes de trésorerie importantes, notamment en début de campagne.

Un dispositif financier structurant pour la filière

Le nouveau système repose sur une répartition claire des rôles : le CCA s’engage à fournir 20 % des besoins en noix brutes dès le début de la saison, tandis que la BNI finance les 80 % restants, incluant les fonds de roulement nécessaires aux opérations industrielles et d’exportation. Cette collaboration permet aux transformateurs de sécuriser leur approvisionnement tout au long de l’année et de stabiliser leur production.

Pour le GTCI, cette initiative représente une avancée stratégique. Elle vise à renforcer la transformation locale, à créer davantage de valeur ajoutée et à consolider la position de la Côte d’Ivoire sur le marché mondial de l’amande de cajou. Le pays, premier producteur mondial de noix brutes, exporte aujourd’hui plus de 500 000 tonnes d’amandes transformées par an, avec un taux de transformation locale qui devrait progresser grâce à ce soutien.

Des perspectives élargies pour l’industrie ivoirienne

Au-delà du cajou, ce modèle de financement pourrait s’étendre à d’autres filières agricoles stratégiques, comme le cacao. L’objectif ? Permettre aux transformateurs nationaux de bénéficier des mêmes avantages, afin d’accroître la compétitivité du secteur et de maximiser les retombées économiques locales. Cette approche s’inscrit dans la volonté du gouvernement de diversifier l’économie et de réduire la dépendance aux exportations de matières premières non transformées.

La Côte d’Ivoire, un leader en pleine transformation

Avec une production annuelle de 1,5 million de tonnes de noix brutes et 37 usines opérationnelles, la Côte d’Ivoire dispose d’un potentiel industriel majeur. Le pays ambitionne d’augmenter son taux de transformation, actuellement à 43 %, pour se hisser parmi les premiers transformateurs mondiaux. Ce virage vers l’industrialisation locale vise à créer des emplois, à renforcer le tissu industriel et à valoriser davantage les ressources nationales.

Les autorités et les acteurs du secteur tablent sur une croissance soutenue de la filière, grâce à des investissements ciblés et à des mécanismes financiers adaptés. En sécurisant l’approvisionnement et en facilitant l’accès aux financements, la Côte d’Ivoire se positionne comme un modèle de développement industriel en Afrique de l’Ouest.