9 juin 2026

Voix Panafricaine

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Autochtonie et allochtonie au Cameroun : un débat stérile qui divise

La Constitution garantit l’égalité des citoyens. Les droits ne varient pas selon l’origine mais selon la citoyenneté. L’autochtonie est une identité culturelle, non un privilège juridique.

Voici une analyse en cinq points de cette question centrale pour la cohésion nationale.

1. Un citoyen camerounais est-il autochtone partout au Cameroun ?

Non. L’autochtonie n’est pas un attribut universel découlant de la citoyenneté. Elle repose sur une mémoire, une filiation et une histoire. Posséder une parcelle de terre, s’y établir et y investir ne suffit pas à devenir autochtone. Les peuples autochtones entretiennent un lien ontologique avec leurs terres : celles-ci sont le prolongement de leur identité. Les droits coutumiers ne se transmettent pas par une simple transaction commerciale ; ils s’éteignent lors de la cession.

On ne peut pas être autochtone partout

2. Faut-il être autochtone pour se sentir chez soi ?

Non. La citoyenneté dépasse l’autochtonie. Tout Camerounais est chez lui partout au Cameroun. La légitimité de son installation ne dépend pas de ses origines mais de son appartenance à la communauté nationale. Être Camerounais, c’est avoir le droit de cité à Yaoundé, Bangangté, Maroua, sans condition d’autochtonie.

Chaque citoyen camerounais est chez lui partout au Cameroun

3. Un autochtone est-il partout chez lui dans son village ?

Non. Même dans son village, l’espace est organisé par la propriété. Chacun possède ses terres, ses maisons, ses champs. L’autochtonie n’autorise ni la violation de domicile ni l’appropriation des biens d’autrui. L’allogène propriétaire est chez lui dans le village de l’autochtone, car la possession fonde un droit reconnu par la loi.

L’autochtonie ne confère pas tous les droits aux autochtones, l’allochtonie ne retire pas ceux des allogènes

4. Un autochtone a-t-il plus de droits dans son village qu’un allogène ?

Non. La loi est une et indivisible. La Constitution garantit l’égalité des citoyens. Les droits ne varient pas selon l’origine mais selon la citoyenneté. L’autochtonie est une identité culturelle, non un privilège juridique.

Autochtones et allogènes sont égaux devant la loi

5. Exception : la loi prévoit que certaines fonctions – maire de la ville, président du Conseil régional – soient réservées aux autochtones. Mais pour les autres charges électives (députés, maires, conseillers), aucune condition d’autochtonie n’est exigée.

Deux fonctions réservées, mais tous les autres postes électifs ouverts à tous

En définitive, le débat sur l’autochtonie et l’allochtonie est une impasse. Il enferme les citoyens dans des appartenances fragmentées et détourne l’attention de l’essentiel : notre avenir commun. Ce qui importe n’est pas la concurrence des origines mais la convergence des destins. L’autochtonie et l’allochtonie ne doivent pas être des armes de division, mais des réalités culturelles intégrées dans une République une et indivisible.

Nous devons regarder ensemble dans la même direction, comme les enfants d’une seule nation, et non comme des micro-États rivaux à l’intérieur du pays. L’avenir du Cameroun ne se construira pas dans la fragmentation, mais dans l’unité, la solidarité et la conscience partagée d’un destin commun.